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Teilia - Serveur Ultima Online Francophone
| Chapitre I : Deux mondes parallèles |
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À une époque lointaine, un monde unique miroitait, une douce lueur bien plus baroque et chimérique que celle où nous vivons. Un monde mélangeant fiction, réalité, fantaisie et imaginaire. L’évasion avait brossé un tableau représentant une incohérence parfaite. On pouvait y voir plusieurs contrastes, comme en cet endroit précis : de l’eau enflammée, plus légère que l’air ambiant, formant une vague brûlante ainsi qu’une danse animée des plus rafraîchissante à ce banc de roches, confortablement douillet. Il était élémentaire que cette violation illusionnée fût le fruit d’une création, une extrapolation divine.
En ce monde de rêve vivait un peuple très peu nombreux, mais particulièrement original et captivant. Il se constituait d’êtres dotés de capacités qui, pour nous, se veulent célestes mais qui toutefois, s’accordent à être complètement banales à leurs yeux. Leur limite imaginaire était le réel, toute représentation loufoque leur traversant l’esprit, se voyait octroyer des dimensions et des caractéristiques physiques.
Les problèmes apparurent promptement, l’harmonie se vit mise en danger. Une réunion fut tenue par la souveraine de cette société, une reine du nom de Kaija. Elle écouta attentivement et ses yeux, défilant de dialogues en dialogues, n’échappèrent pas à la moindre information. Au mépris d’autrui, nul ne désira annihiler leurs créations, ce qui donna naissance à de redoutables querelles. Le conseil commença à s’agiter, donnant une prestation fumante de colère, tel un feu qui brûle de vieux parchemins.
Kaija perdit patience et se leva, le visage d’une neutralité effarante, d’un silence impérialiste. L’atmosphère devint pondéreuse, la honte alourdissant tous les propos et au même instant, le conseil attacha son regard sur la monarque d’un respect inaltérable. Elle objectiva austèrement de brèves paroles :
«Peuple de Cilias, vous avez en ce jour excorié votre honorabilité. L’harmonie dans lequel nos terres régnaient s’abîme à vive allure. Cette preuve d’indiscipline inconditionnelle en ma présence atteste insulte et grossièreté envers mon autorité. Je ne puis tolérer telle insolence et ce pourquoi, je devrai sévir.»
Elle prit une bonne goulée d’air, rempli ses poumons d’un souffle consterné puis ajouta :
«J’en viens à l’ultime décision. À l’instant présent, uniquement cinq individus ont su entretenir l’honneur de ma personne ; Aeltisis, Kalos, Kardin, Narshoul ainsi qu’Odéon. Je vous demande de vous lever et venir à moi afin d’y recevoir prospérité.»
Les élus s’enlignèrent devant Kaija, tête basse. Certes, cela ne leur plut guère, puisqu’ils n’étaient pas parfaits en eux-mêmes, mais ils surent user leurs différentes compétences afin de préserver respect et allégeance à leur reine.
«Vous qui avez su consommer diplomatie et discipline en cette réunion calamiteuse, vous voyez accorder un pouvoir plus grand que tous ici ne pourront jamais obtenir, sauf en cas de pardon mérité en temps futurs. En vertu des pouvoirs qui me sont impartis, je vous confie, à vous cinq, un monde parallèle au nôtre, une terre de promesse, de prouesse. Il sera vôtre et vous pourrez y faire ce que bon vous semble. Toutefois, il vous sera interdit d’y déposer le pied afin d’éviter toute négligence. C’est ainsi que vous pourrez utiliser tout ce qui ait été enseigné afin de créer une atmosphère qui appartiendra véritablement à cet autre univers. Usez de votre sagesse, restez unis, car je, Kaija, reine des Cilias, jure solennellement des conséquences beaucoup plus importantes si vous me décevez.»
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| Chapitre II : Création d’Aeltisis |
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Arrivant dans cet univers désertique et noir, les cinq Cilias haussèrent un moment les yeux au ciel, grimaçant un néant rempli d’espoir. Narshoul pris une voix caverneuse :
«Ça me parait idéal ainsi, pourquoi devrions-nous toucher à quelque chose ?»
Le petit rire rauque de Kalos fut crûment coupé par la parole d’Odéon :
«Je trouve que cela manque d’intérêt, de saveur, un vide de profondeur. Imaginez, nous pouvons faire ce que nous désirons en ce lieu.»
Aeltisis intervint alors d’une voix flûtée :
«Je partage l’avis d’Odéon, mais il ne faut pas non plus répéter nos erreurs. Je suggère que chacun décide d’une partie de cet univers et qu’il en fasse ce qu’il désire.»
Kardin, un objet à la main ressemblant à un morceau de bois paré d’une lame tranchante, prononça d’une vive voix :
«Hrm… ça allions ‘tre ben ‘nnuyant si on restions seuls. J’préférions qu’nous trouvions ‘ne autre solution.»
Pendant ce temps, Odéon darda un regard d'aversion en direction de Narshoul, qui fit paraître une lassitude feintée envers ce dernier. Nous pouvions déjà sentir une tension haineuse entre ces deux êtres totalement différents. Néanmoins, Narshoul vint questionner Aeltisis, ornant son visage d’un mince sourire charmeur :
«Pourquoi ne créerais-tu pas tout comme tu désires ? Après tout, tu es la meilleure dans ce domaine. Pendant ce temps, nous allons établir des idées pour tes créations, nous ne pouvons nier tes incroyables talents.»
Du moins, c’était bien plus par paresse qu’autre chose que Narshoul demanda ceci. Effectivement, il ne désirait aucunement devoir chercher à créer sans rien avoir. Il trouvait plus aisé de patienter et d’intervenir en rapport à ce qui serait fait. Les autres Cilias semblèrent intéressés par ceci, connaissant la sagesse d’Aeltisis qui leur laisserait une place à tous. Ils approuvèrent donc unanimement et Aeltisis débuta ses travaux.
Pendant ce temps, Odéon chercha longtemps une façon d’illuminer le chantier d’Aeltisis. Il imagina une grande sphère dorée qui refléterait sur toute la surface où la déesse donnait vie à de nouvelles plantes, forêts, eau, créatures, etc. Narshoul vint le trouver pendant ses réflexions alors qu’il aboutissait enfin à l’achèvement de son idée.
«Odéon, qu’as-tu l’intention de faire ?»
«Je désire créer un soleil. Il donnera lumière à la vie créée par Aeltisis et éclaira peut-être ton esprit.» Lui dit-il d’un air hargneux.
«Bonne idée, excellente même.»
Il repartit ensuite, fendu aux lèvres un sourire satisfait, à ses occupations.
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| Chapitre III : Teilia |
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Odéon fit réunir les autres Cilias. Lorsque tous étant disposés à l’écouter, il pointa du doigt au loin en se concentrant parfaitement sur son idée préconçue. Une boule de feu ardente surgit, s’intensifiant peu à peu jusqu’à devenir une énorme sphère, illuminant toutes les créations d’Aeltisis...
Narshoul s’approcha à son tour, pointant de son propre doigt en sens inverse. Les autres Cilias le regardèrent en fronçant les sourcils. Une lumière argentée cette fois vint contraster totalement avec le Soleil.
«Voici mon projet, un astre froid. Cette lune fut conçue pour trois raisons spécifiques. En premier lieu, si l’on veut pleinement jouir de la vue de ton astre lumineux, il faudra parfois qu’il s’évanouisse dans le but d’orchestrer de magnifiques paysages ainsi que goûter au délice de son règne. Ensuite, s’il assèche entièrement l’œuvre d’Aeltisis, il ne représentera qu’une nuisance à l’écosystème. Puis, tu sembles négliger le fait que ton Soleil ne peut abreuver de lumière toute la surface de création. Or, lorsqu’il éclairera à un endroit, ma lune sera son paradoxe.»
Odéon vint pour répliquer, sa haine bondissant au sommet envers Narshoul. Toutefois, Kardin rit fortement en examinant ces deux sphères individuelles et coupa rapidement la parole d’Odéon.
«Bah voyons. Comme si c’étiont intéressant. Moé j’vous disions que j’aurions trouvé ben mieux.»
Haussant les sourcils, les Cilias se dispersèrent, laissant vaciller la création de Narshoul en eux, incertains de l’utilité de cette dernière. Néanmoins, l’astre du jour permit une croissance rapide de ce qui aujourd’hui encore, garni la superficie des landes. Une fois son travail terminé, Aeltisis convoqua une réunion que tous attendaient avec impatience.
«Voici ce que je vous propose dans notre univers où tous auront leur place. Il se prénommera : Teilia. Chacun de vous prendra un terrain vaste dont vous pourrez y jouir comme bon vous semblera. En revanche, je tiens en réserve une région qui me sera officielle et légitime, de même que toutes zones sans privations certifiées seront en ma possession et, par suite, j'y détiendrai un droit de veto irrémédiable.»
Les Cilias allèrent visiter, puis revinrent assez rapidement la revoir afin de donner leurs commentaires. Avant que les autres puissent parler, la puissante voix de Kardin vint percer le calme :
«Bof, c’étiont pas ben ben comme j’aimions. J’vous disions que j’aurions fait ben mieux. Du temps ben perdu j’croyions fort.»
Aeltisis, furieuse de cette critique qu’elle jugea inexpliquée, déclara d’une voix stridente qu’elle ne put étouffer :
«Bien, Kardin, ça suffit maintenant. Tes remarques sont tellement déplacées. Tu n’as été qu’utile à péjorer l’effort des autres. Si tu es si parfait, prouve-le donc, car autrement, tout ce que tu nous montres n’est qu’un Cilias rabougris qui n’a aucune imagination. Même Kalos qui reste silencieux et spectateur est plus apprécié que toi.»
Kardin devint rouge, l’orgueil piqué à vif. Il tourna les talons d’un pas preste et s’effaça plusieurs jours, sans aucun signe de vie.
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| Chapitre IV : Une Harmonie impossible |
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Après quelques temps sans revoir Kardin, Aeltisis senti une culpabilité sur ses dernières paroles mentionnés à ce dernier. De fait, elle désira repentir ses dires, estimant ces derniers austères et froids. Elle partit à la rencontre de Kardin et y découvrit mélancoliquement la création de Kardin, la Montagne. Il se bomba le torse fièrement en la voyant arriver.
« Ma’ntenant, tu pouvions pu rien dire contr’ moé ! J’avions fait plus grand qu’toutes té créations ! »
Elle sourit amèrement, toutefois comblée que cette divergence n’outrepasse ce palier. Ils regagnèrent donc ensemble les autres Cilias afin de leur présenter la créativité de Kardin. Unanimement, ils s’entendirent à déclarer :
«Excellent Kardin. Tu as été à l’honneur de ta véritable réputation.»
Ils choisirent donc chacun l’endroit approprié pour apporter leurs petites retouches personnelles. Odéon choisit le centre de Teilia, Narshoul pris le nord, Kardin pris un endroit dans le sud central, englobant plusieurs petites grottes ainsi que toutes montagnes. Aeltisis s’octroya le reste du monde. Kalos, muet, resta patient, confectionnant une idée qui l’éloignerait des fantaisies et qui toutefois s’abreuverait de celles-ci. C’était à se demander pourquoi Kaija l’avait amené avec eux, car rien ne semblait venir à terme.
Chaque Cilias créa des créatures à leur image, à l’échelle de leur volonté. Ils allèrent évidemment développer leurs propres pensées qui talonneront l’idéologie de leur créateur. Les Cilias enseignèrent leurs vertus, leurs principes de la vie, ils édifièrent des villes, des cités et des royaumes. Kalos conclut son esquisse et exposa son idée à la lumière du jour, réunissant les autres Cilias :
«Vous avez fait beaucoup dans cet univers bien étrange à mes yeux, jusqu’à créer des peuples pensant d’eux-mêmes et pouvant donner vie d’une façon toute autre que votre imagination. Si vous ne faites rien en laissant ainsi, votre monde deviendra bientôt surpeuplé. Je suggère donc de donner une limite de vie acceptable à chaque race afin de pouvoir amplement profiter de la vie en l’exposant à une mort certaine. Mon principe peut vous sembler macabre, mais il est de même idéologie que la lune et le soleil. Or, je prendrais volontiers la charge de vos morts.»
Ils hochèrent la tête et agirent ainsi. Néanmoins, alors que la réunion tirait à sa fin, Kaija vint brouiller les cartes lorsqu’elle émergea, à la surprise générale :
« Je suis très satisfaite de votre acharnement. Malgré cela, je dois intervenir pour éviter un second désastre. Je vous avais clairement indiqué que vous deviez rester spectateur. De ce que je pus voir, vous avez mis pied dans ce monde qui loge des êtres doués de raison. Je me vois donc être dans l’obligation de réprimer vos comportements.
Jusqu’à votre pardon total envers votre reine, une clôture vous empêchera de rejoindre les vivants de ce monde. Seul Kalos pourra apparaître devant les morts, car il est le seul ayant respecté mes paroles. Puisque chaque société instaurée sur Teilia écoule différents traits de chacun d’entre-vous, s’attribuer un préfixe divin sera votre dernière manifestation.»
C’est dans la peine que les nouvelles divinités allèrent notifier leur éloignement à chacune de leur nation. Leurs créations devraient désormais évoluer indépendamment d’eux et glorifier leurs mémoires. Kaija avait agit sous ses promesses d’antan. Il était bien plus douloureux de continuer à voir son monde sans pouvoir y intervenir que de le voir disparaître complètement.
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| Chapitre V : Le monde de nos jours |
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Kalos prit le royaume des morts comme domaine, jouissant d’une tranquillité glaçante. Jour après jour, il regarda passer droit devant lui toutes les âmes ayant trouvées la mort. Il réfléchit misérablement, trouvant bien dommage que les honorables d’entres-elles finissent par errer pour toujours, à jamais. À un moment indéfini, voyant une âme mystérieuse, grandement captivante et qui attendait approbation, il décida de la conduire à un coin bien tranquille. Il s’en suivit alors un rituel cryptique qui n’avait que pour intention d’y renaître une entité en une demi-vie. Le résultat en fut bien plus grand que ses espoirs envers ce rituel.
Une décision fut prise : Créer son propre peuple et l’envoyer dans le monde sur Teilia, la terre promise des vivants. Longtemps, les autres Cilias n’eurent connaissance de rien. La volonté de Kalos fut gardée secrète jusqu’au jour où Kardin sentit d’étranges vibrations dans l’une de ses cavernes. Ce qu’il découvrit le choqua considérablement : Des morts qui y avaient érigé une cité, une communauté, dans l’une de ses propriétés en ne respectant en rien son propre travail. Kardin convoqua une assemblée céleste pour révoquer cette colonie mortifiante :
«C’étions choquant ! C’étions po correct ! Kalos a joué dans notre dos.»
Kalos répliqua calmement :
«Kardin, si j’ai opté pour l’une de tes grandes grottes, c’est parce qu’elles m’intéressaient. Ta création était parfaite pour eux. Je te remercie d’avoir imaginé un endroit qui va parfaitement avec les Mortanyss.»
Kardin changea d’avis rapidement à ces mots :
«Ah ! C’étions certain qu’mes créations étions les mieux ! J’soyons content que ça te plaisions Kalos. Tu pouviasses la garder, ça me dérangions pas du tout.»
Aeltisis, quant à elle, intervint à son tour :
« Kalos ! Tu as détruit une partie de ma forêt pour en faire une maremme pestilentielle. Comment as-tu osé faire ceci sans m’en parler ? Je te croyais plus distingué. De plus, tu manipules la mort en leur offrant une renaissance, alors que c’était ton idée d’imposer la mort à nos peuples. Hypocrite ! Fallacieux ! » Dit-elle d’un air méprisant, d’une voix tremblante de rancoeur.»
Ce dernier rétorqua d’un calme étouffant :
«Aeltisis, si ceci ne te plait pas, je ne te force à rien. Je ne supporte pas ton incroyable nature si verte et bondissante de créatures insignifiantes. Pourtant, je ne m’en suis jamais plaint.»
«Si c’est ainsi, Kalos, retourne dans ton monde perfide et ne reviens plus ici. Tout ce que tu représentes m'abjecte royalement.»
Ces derniers mots vinrent couper la conversation, joints au détournement de Kalos qui pris tout ceci à la légère. Odéon et Narshoul, trop préoccupés par leurs propres problèmes entre Hastanes et Gorlaks, ne participèrent aucunement afin de régler des conflits qui ne les touchent aucunement.
C’est suite à ce cheminement que de par le temps qui court et qui passe, les peuples contrôlent les terres, s’abreuvant de pouvoir, d’honneur et de gloire. Ils sont maîtres de leur destinée, seigneurs des terres, ils sont les parrains de ce monde. Quel sera le futur de Teilia ? Comment survivrez-vous, affrontant le chaos sur les landes hostiles ?
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