Forums des Villes : Citria | Hildrim | Ilidelwis | Kar | Luk'Maar | Mortancia | Najar'him | Sombrum | Tyrimar
Teilia - Serveur Ultima Online Francophone
Les Légendes Drakannes
Tyrnyar l'éthéré Laryss : Le héro bafoué La Lune de Sang Le Vahanishar

Tyrnyar l'éthéré

Cinq cents ans après que la magie fut découverte et maîtrisée chez les Drakans, une cohorte de l’Académie s’avéra particulièrement douée pour les arts mystiques. Tout au long de leur apprentissage, ces jeunes étudiants ne cessèrent d’impressionner leurs professeurs qui, de leur côté, ne pouvaient qu’être désemparés devant une telle somme de maîtrise magique. Lorsque vînt le temps de la vie adulte, la plupart des membres de cette génération devînrent scribes, chercheurs et runistes. Toutefois, l'un d’entre eux se démarqua plus particulièrement : un drakan calme et posé du nom de Tyrnyar.

Déjà à l’Académie, Tyrnyar était parvenu à découvrir diverses méthodes de maîtrise des flux mystiques. Connaissant parfaitement les techniques utilisées par les différents runistes, mages et sorciers de la race, il décida, une fois son apprentissage achevé, de chercher les secrets de la forme ultime de magie qu’il baptisa « l’omniurgie ». C’est ainsi que, vendant aux plus offrants ses anciennes découvertes et s’achetant, avec les profits réalisés, le droit de demeurer dans les archives nationales de Kyslosk, il disparu pendant des décennies.

Puis, un jour, après près de 200 ans d’ermitage, il remonta à la surface, en Kyslosk, et affirma avoir saisi l’essence de la magie. Afin de prouver ses dires, il demanda à rencontrer les hauts mystiques de la cité. Le jour de la rencontre venu, dans une plaine en dehors de Kyslosk, il les somma tous et toutes d’activer leurs sorts et leurs enchantements les plus puissants. Déferlèrent alors les plus grandes tempêtes, les orages les plus violents, les feux les plus intenses, les runes les plus résistantes. Puis, lorsque les spécialistes eurent terminés leurs démonstrations et que le calme fut revenu, Tyrnyar leva la tête vers le ciel et commença à marmonner. Sans un bruit, le Drakan devînt flou et transparent.

Ce que l’on raconte alors, c’est que, pendant un instant, la magie disparue entièrement de Kyslosk et des landes environnantes. Désemparés, les mystiques drakans ne purent que ressentir, pendant ce bref moment d’absence magique, une présence floue en leur âme. Lorsque la situation revînt à la normale, Tyrnyar avait disparu. Après des avoir passé des semaines à le rechercher, on abandonna finalement tout espoir de le retrouver. Cependant, près de deux ans plus tard, les mystiques drakans comprirent, après avoir découvert les notes de l’ancien drakan, ce qui était arrivé ce jour-là.

Au bout du second siècle de recherches intensives dans les archives nationales, Tyrnyar avait réalisé deux choses : sa vie achevait et jamais il ne pourrait atteindre l’omniurgie sans se sacrifier. Il élabora donc un plan et remonta à la surface. Ce qui survînt durant ce fameux jour dans la plaine, c’est que Tyrnyar abandonna son corps pour ne devenir qu’une âme éthérée. Puis, usant de toute ses ressources, il concentra en lui la totalité des flux magiques l’entourant pour ne faire plus qu’un avec eux. Lorsqu’il relacha sa concentration, les flux revînrent à leur position d’origine et l’âme de Tyrnyar se dispersa avec eux.

Ainsi, depuis ce jour, l’adoration mystique qu’éprouva Tyrnyar (adoration qui le mena au sacrifice ultime, celui de son âme), est reconnue et respectée par les Drakans. Lorsque l’on débute un cours de magie ou un rituel mystique, il n’est pas rare que son nom soit cité en signe d’admiration.


Les Légendes Drakannes
Tyrnyar l'éthéré Laryss : Le héro bafoué La Lune de Sang Le Vahanishar

Laryss : Le héro bafoué

Dans les temps anciens, alors même que la politique des Justes drakans n’était pas encore élaborée, s’opposaient plusieurs clans idéologiques. Parmi ceux-ci, deux se démarquaient particulièrement par leur activités parfois illicites et par leurs querelles souvent sanglantes : les Ytarosk et les Ayarask. Les premiers, près des marchands et des artisans, s’avéraient de farouches conservateurs tandis que les seconds, affiliés aux agriculteurs et aux pêcheurs, présentaient des idées radicalement progressistes. Pendant plusieurs années, les querelles entre ces deux groupes demeurèrent sans conséquences mais, avec le temps, elles dégénérèrent et finirent par faire des victimes.

D’abord politiques, ces clans s’organisèrent économiquement et militairement pour devenir de véritables milices mafieuses. La population, littéralement prise en otage par ces extrémistes, ne pouvait qu’observer, impuissante, les rues devenir de moins en moins sûres et accueillantes. Puis, un jour, dans un coup d’éclat finement préparé, l’armée de Kyslosk parvînt à saisir les têtes pensantes de chacun des groupes pour leur imposer une trève. Or, les haines étaient si fermement ancrées entre les clans qu’un seul compromis s’avéra acceptable : le duel des champions. Sous la surveillance des plus hautes autorités judiciaires et militaires drakannes, le meilleur combattant de chacun des deux groupes allait combattre pour faire gagner à son clan le droit de participer aux discussions de l’agora. Le clan perdant quant à lui devrait se disloquer et abandonner tout ses privilèges politiques.

Chez les Ytarosk, on présenta un Drakan d’âge mûr appelé Laryss tant que chez les Ayarask ce fut un jeune appelé Kyaryss. Les semaines précédant le combat, chacun de ces deux combattants s’entraîna ardemment dans l’espoir ultime de faire gagner son clan et d’ainsi être reconnu comme un héro au sein de la cité. Dans les discussions de tavernes, il était toutefois reconnu, la plupart du temps, que ce serait Laryss, qui était aussi un vétéran honoré de l’armé drakanne, qui l’emporterait.

Finalement, le jour du duel survînt. Observés par une bonne partie de la population de Kyslosk, les deux champions se tenaient face à face. Après qu’ils se soient salués respectueusement, on leur apporta chacun leur lame puis on sonna le gong pour signifier le début du combat. Or, à la surprise de tous, Laryss ne leva pas son épée. Malgré les hurlements de la foule et les demandes de son adversaires, il la garda baissée en regardant le sol. Après quelques minutes d’hésitation, Kyaryss, du clan des Ayarask, lui mis la lame au cou et le somma de se rendre. Acceptant dans un geste lent, Laryss donna la victoire au jeune drakan du clan ennemi. La clan des Ytarosk, en furie, déferla dans l’arène et, dans une scène tragique et honteuse, lapida son héro. Celui-ci, pendant les quinze minutes d’agonie qu’il subit avant de mourir, ne produisit aucun son et ne dit aucun mot.

Officiellement reconnu comme un traitres par les nobles et les marchands du clan Ytarosk, ce n’est que cinq ans plus tard que l’on découvrit la vérité. Laryss, juste avant de commencer le combat, réalisa que les autorités drakannes avaient fait empoisonner les lames des deux combattants. Ainsi, si l’un des deux avait touché l’autre, la blessure aurait inévitablement causé la mort du Drakan. Enragé, les clans, dont tous les membres étaient présents, se seraient probablement affrontés immédiatement au sein de l’arène, ce qui aurait permi à l’armée drakanne de l’époque de nettoyer définitivement la ville de ces mafias. Ainsi, s’il avait combattu, les deux clans se seraient faits massacrer, ce qui aurait déstabilisé et anéantit la nation drakanne tandis que s’il avait déclaré que les lames étaient empoisonnées, les clans se seraient unis et auraient fait somber Kyslosk dans une guerre civile contre le gouvernement. Laryss décida donc se sacrifier sa vie pour éviter la perte de celles de centaines d’autres Drakans.

Lorsque l’on réalisa l’acte héroïque de Laryss, on fit de lui un ancien Drakan symbole du sacrifice de soi et de l’altruisme. Encore aujourd’hui, il n’est pas rare que l’on cite son nom avant les combats perdus d’avance ou pendant les moments difficiles.


Les Légendes Drakannes
Tyrnyar l'éthéré Laryss : Le héro bafoué La Lune de Sang Le Vahanishar

La Lune de Sang

Jour après jour, nuit après nuit, cela faisait près de trente ans que les Drakans travaillant à la solde des Ophidiennes. Chaque jour, les esclaves ruminaient leur sort en se questionnant sur le pourquoi de leur situation ainsi que sur l’attitude désinvolte des autres peuples de Teilia à leur égard. Dormant dans la moisissure, se réveillant dans le bruit, travaillant dans la poussière et s’endormant dans le froid, les Drakans n’étaient plus que l’ombre d’eux même. Les mineurs ne voyaient parfois pas la lumière pendant des semaines, les forgerons ne comptaient plus leurs brûlures et leurs entailles, les ouvriers s’avaient plus que les écailles sur les os et les gladiateurs versaient leur sang jour après dans des combats sanguinaires et terrifiants. Comble de tout cela, les Ophidiennes, afin d’éviter tout risque d’organisation (il ne tolérait qu’une ou deux réunions hebdomadaires), changeaient aléatoirement, semaine après semaine, les horaires de travail. Dans cette situation, personne n’aurait pu deviner ce qui allait arriver ce jour de solstice de la trentième année d’esclavage.

Depuis déjà quelques années, les Ophidiennes avaient pris l’habitude, afin d’éviter tout risque de rebellion et de réunions secrètes, je patrouiller en permanence les salles des esclaves. Jusqu’à ce jour fatidique, cette pratique n’avait jamais causer de réels problèmes entre les victimes et les bourreaux. Or, ce jour-là, il avait été décidé que les Drakans travailleraient du lever jusqu’au coucher du Soleil (ce qui faisait une journée de plus de 14 heures). Lorsque vînt le temps d’aller se reposer, un groupe d’esclaves, exténués et défaits, se fit intercepté par une patrouille ophidienne. En temps normal, ce type de contrôle n’aurait guère causer problème. Sauf que ce jour, un garde ophidienne, malicieux et pervers, décida de faire faire aux Drakans de ce groupe, pour le simple plaisir, des redressements assis. Épuisés, les esclaves protestèrent sans grande énergie. Puis, se couchant par terre afin de débuter les exercices, ils réalisèrent qu’ils n’avaient même plus les forces nécessaires pour se relever. Offusqué de ne pas voir ses ordres obéis, le garde ophidienne commença à ruer de coup un des Drakans alors couché par terre.

Rapidement, un attroupement se fit autour de la scène. Terrifiés, les Drakans regardaient leur camarade se faire battre et massacrer lentement. Lorsque l’Ophidienne arrêta, les gens présents ne purent que constater la situation : le Drakan était mort dans une des pires agonies possibles. Brisés, exténués et révoltés, les esclaves poussèrent alors un cri de rage bestial. Surpris, les Ophidiennes ne purent que constater l’erreur qu’ils avaient commise. Déjà, à l’aide de leurs crocs et de leurs griffes, les Drakans sautaient sur leurs oppresseurs en les lacérant comme des hyènes enragées. Cela ne prit guère de temps avant que la petite patrouille fut décimée par la masse en furie.

Prenant, les armes des patrouilleurs décapités, les Drakans, couverts de sang, commencèrent à se frayer un chemin vers la surface et vers la vengeance. Massacrant sans pitié les Ophidiennes, peu préparées à un tel événement, les mutinés se retrouvèrent, au beau milieu de la nuit, devant la caserne des lézards. Avertis de cette rebellion, l’armée se tenait là, en armes, prête à éliminer tout ennemi. Sans un mot ni une question, les deux fronts chargèrent et entamèrent le combat. Celui-ci dura une heure très précisément. À son terme, les Drakans, décapités, gisaient tous par terre dans une immense mare de sang. Ce soir-là, on raconte que la Lune fut de sang et que le vent criait la plainte des esprits tourmentés et enragés.

Depuis ce jour, la surveillance des prisonniers drakans est beaucoup plus étroites. Les patrouilles sont spécifiquement formées pour contenir les mutineries et les gardes sont bien avisés qu’aucune bavure n’est acceptée. Les Drakans quant à eux se dorment encore dans la moisssure, se réveillent dans le bruit, travaillent dans la poussière et s’endorment dans le froid.


Les Légendes Drakannes
Tyrnyar l'éthéré Laryss : Le héro bafoué La Lune de Sang Le Vahanishar

Le Vahanishar

Rapidement, dans la petite pièce où était rassemblés quelques dizaines de Drakans, les chuchottements se turent. Le bourdonnement et le tumulte qu’avait causée cette réunion avait attiré tous les jeunes hommes-dragons qui révaient de liberté, de voyage, d’aventure et de rencontres. Tous, ou presque, étaient nés après l’esclavage, dans les donjons froids et intimidants des Ophidiens. Au milieu de la petite assemblée siégeait un Drakan très âgé, certaines de ses écailles commencaient à se décoller sans qu’il soit rendu à une quelconque mue. Le vieux sage se leva avec peine, ses membres tremblants trahissant son visage impassible. Puis il ouvrit lentement la gueule, voyant bien tous ces jeunes pendus aux mots qui allaient sortir de ce gouffre rempli de paroles ancestrales.

« KaerosSs à vous, frères et fils, sœurs et filles. SsSi vous êtes iSsci aujourd’hui, c’est probablement pour entendre mon récit sur les vieilles traditionsSs. Je pourrais vous faire attendre, mais je perderai l’attention que vous me portez. Alors, commenSssçons. »

Il y eu une vague de chuchottement à nouveau, mais un simple raclement de gorge de la part de l’ancien servit à faire taire la tribune. Il commença son récit et tous furent pendu à ce qui lui servait de lèvres. Il commença par expliquer plus en détail le voyage qu’entreprit Sakertosk, ce fameux voyage de 5 années. Il fut d’ailleurs surpris que certains jeunes l’imterrompent afin de corriger certains petits oublis que sa mémoire de vieillard avait égaré, il s’en réjouit même. Enfin, voilà, Sakertosk avait accompli un voyage transitoire qui avait lancé les Drakans sur leur destinée, celle que leur géôliers s’étaient vus attribuer des décennies plus tôt, la protection de l’équilibre. C’était l’accomplissement d’une vie, d’une quête, d’une existence et le début d’une autre. Toute fin était le début de quelque chose, c’était un principe évolutif et équilibrant, un stabilisateur naturel instauré lors de la création de ce monde. Voyant qu’il s’aventurait dans de bien profonds discours pour les plus jeunes, il revint à son premier but : La tradition. Il commença donc par leur expliquer qu’après le voyage de Sakertosk, plusieurs Drakans s’étaient mis à quitter Kyslosk à la recherche de leur accomplissement, du but de leur existence. S’il était vrai que tous les Drakans avaient un objectif commun, chacun avait son rôle à y jouer et chacun voulait y jouer son rôle, ainsi allait la vie en Kyslosk.

Il leur remémora ce qui s’était passé dans la caverne sacrée, les Drakans s’étaient vus confier la tâche de maintenir un équilibre géopolitique entre les peuples de ce monde. Les Drakans accomplirent cette tâche avec ardeur et fierté en destituant les Ophidiennes et en avaient reçus tous les honneurs, ils méritaient desormais leur place de gardien. Les Drakans ayant mieux assimilé l’energie de Aeltisis avaient tôt fait de comprendre qu’afin de maintenir un équilibre, ils devaient renforcer l’esprit de communauté. Ils instaurèrent donc des systèmes qui cherchaient à rassembler les gens, leur permettant d’évoluer tous en cœur, tel le Jardin d’Éveil ou encore la mise en commun des œufs. Ces générations étaient très soudés dès le début, le système marchait!

« Trop vite fut prononcé Ssce verdicte », s’enquit le vieu sage.

Car il y avait bel un grain de sable dans le rouage. Et c’est à ce moment même où certains Drakans suivirent la voie de Sakertosk, le voyage. Les Drakans ayant véçus le système de la communauté des œufs avaient souffert de lacunes personnelles, ils n’avaient qu’un but : L’équilibre. Beaucoup n’osaient pas prendre de décisions, ils étaient intellectuellement castrés.

« C’est là que Sakertosk pris encore plus d’importance », souffla le sage sur une note de suspense.

Il avait su trouver sa propre voie, son unique voie tout en accomplissant des bienfaits pour l’équilibre et le peuple. Ainsi, certains Drakans se sont mis à prendre la route à la recherche d’une quelconque illumination concernant ce qu’ils pourraient faire pour les Drakans, la tâche qui leur était proprement décernée, ce qui les conduirait sur leur voie, leur accomplissement. Car c’était bien là ce qu’il fallait aux Drakans, accomplir sa destiné parmi celle d’un peuple en entier. Ce qui était particulier, c’était que bon nombre d’entre eux revinrent en disant savoir ce qu’ils devaient et voulaient faire. Jamais Kyslosk n’avait connue de période plus prospère avant ce temps. Le système politique s’était redressé, la Légion avait vu ses régiments remplis de valeureux soldats plus déterminés que jamais. Cette philosophie devint essentielle, elle poussa les Drakans à chercher l’excellence dans ce qu’ils entreprenaient, que ce soit en la fabrication d’un meuble ou dans le maniement d’une lame, plus seulement la recherche de l’équilibre parfait. C’était l’apogée culturelle d’un peuple. De plus en plus de Drakans tentèrent l’expérience et lentement, ce devint une tradition, ancrée dans les fondements de la société. Le voyage s’effectue généralement une fois dans une vie, parfois deux ou trois, pour les Drakans plus déboussolés que les autres, mais rarement au delà. On se rendit compte que la force d’une communauté se situe dans sa diversité, on continua tous les anciens systèmes, en encourageant la diversité et en renforcant l’amitié, le respect qui soudait les Drakans aux autres. Après tout, avoir un camarade qui vous ressemble en tous points n’est pas intéressant. Les relations internationales qu’ils avaient commencer à entretenir avec les autres races s’en étaient vus rehausser, puisque les Drakans rendaient visite aux autres peuples pour parfois plus que des renseignements.

Le voyage, nommé Vahanishar, consiste à errer sur le continent, à la recherche de tâches permettant l’agrandissement de l’âme du Drakan. Ces épreuves sont personnelles, personne ne les juge outre le concerné. Certains en reviennent plus ouvert, parfois même quelque peu fêtard. D’autres en reviennent complètement renfermés, traumatisé par la déchéance d’un monde chaotique. Le vieux Drakan fit une pause, son débit de parole dépassait bien celui qu’il avait l’habitude d’employer dans cette prison. On lui servit un peu d’eau, puis il reprit. Ainsi, la fin du voyage s’achêvait dans des endroits tous plus saugrenus les uns que les autres. C’était en fait un lieu où le Drakan se sentait en paix, l’endroit où il se rapprochait le plus de son être. Il était donc évident que beaucoup de voyageur revinrent en Kyslosk, désespérés, mais qu’ils y trouvent leur refuge, l’endroit sacré où ils se sentaient en paix. Refuge n’était pas le bon mot, les Drakans employaient le terme « Forêt de l’Oracle » pour déterminer l’endroit de sereïnité de chaque Drakan, même s’il sagissait d’un bateau chevauchant une vague. Le vieux sage clarifia aussi les choses : Tous les Drakans n’entreprennaient pas ce voyage. Seuls ceux en ayant l’envie et les conviction s’y attelaient, ce voyage bien qu’il soit une tradition n’était que facultatif à l’apprentissage d’un Drakan. Ainsi, qu’on ait un âge vénérable ou encore de jeunes écailles sur le dos, on pouvait entreprendre ce périlleux voyage qui menait les Drakans vers l’inconnu, l’intangible.

« Nous recherchons donc, depuis Ssce jour, l’accomplisSsement de sSsoi, comme l’ont fait Sakertosk, Rhyvos, Ithos, Hastil, Laryss, Shârnia, Syrkos, Yarask, Tyrnyar, et Myurska. Nous ne sSsommes pas tous destiné à atteindre leur grandeur, mais si chaque Drakan vise le dépasSsement de Sssoi, la nation drakanne se dépasSsera et elle en deviendra meilleure. Ce voyage est le SsSsymbole d’une quête personnelle, de cette philosophie, qui veut que nous ayons notre but parmi celui de tous les Drakans. C’est ce qui nous rend esSsentiel, unique, mais sSsurtout soudé. »

Le vieil homme s’arrêta-là. Il eu l’équivalent d’un sourire sur sa gueule tordue. Il regarda les gardes ophidiennes qui avaient assistés à la réunion, l’oreille vivement tendue, et il inclina légèrement la tête. Pas en signe de résignation ou de respect, mais en signe de confidence envers les Drakans. Ses lèvres remuèrent quelque peu, mais ceux qui purent y lire répandirent rapidement les « paroles » de l’ancêtre. Ainsi étaient-elles : « Et croyez-moi, un jour, vous pourrez l’entreprendre. »

C’est ainsi que les jeunes esclaves étaient éduqués, par des conteurs, qui leur expliquaient ce qu’était Kyslosk la Grande et sa société. Des jours comme ceux-ci avaient servi aux Drakans pour conserver la flamme intacte, le patriotisme, l’attachement qu’éprouvaient les Drakans envers les autres. Si les jeunes étaient émerveillés, les plus âgés conservaient espoir en voyant ces générations éprouver nostalgie pour ce qu’ils ne connaissaient pas. Ayash’Karashym, le vieil érudit qui avait présidé cette petite assemblée savait sa fin approcher, mais il l’attendait de pied ferme. C’était ce que son Vahanishar lui avait appris, il avait accompli son but, mais pas le rêve qu’il entretenait depuis bientôt 50 ans, celui de voir ses enseignements servir à ceux qui briseraient les chaînes de la nation drakanne. Peut-être viverait-il encore assez pour le constater, qui sait?