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Il est bien connu à travers les landes que les Hastanes sont un peuple de chevaliers et de chevaucheurs. On dit aussi que les Kheijans auraient des racines lointaines provenant de ce peuple. Certaines personnes expliquent le fait que les hommes du désert vivent très près des chevaux de cette façon.
En réalité, leur attachement aux chevaux est très différent de ceux des Hastanes. Il s’agit d’avantage d’un lien qu’ils partagent avec eux, une communion. Il ne s’agit pas uniquement de chevaliers qui respectent leurs montures, mais plutôt l’entièreté du peuple, qui vénèrent ces créatures. Plusieurs récits relatent et expliquent l’existence de ces bêtes hors du commun, et tous les nomment de la même façon : Akhal’Khei. Ce nom leur vient de la légende d’Akhal, qui dit qu’un magistère de ce nom se serait sacrifié au roi soleil pour éviter d’avantage de pertes à son peuple qui devait affronter la vie rude du désert à pied, en implorant de lui qu’il leur offre des chevaux pour aider leur voyage, le roi leur aurait offert Khei, le fils d’Akhal.
Quoi qu’il en soit, l’Akhal’Khei est respecté par tous les Kheijans, il est pratiquement sujet d’un culte. Les hommes du désert parcourent les landes arides fréquemment, et ils savent qu’ils n’y arriveraient pas sans l’aide de leurs montures tellement les terres sont vastes. Ils ne voient pas ces chevaux comme leurs serviteurs, mais comme partenaires à qui ils confient leur vie. Ils savent que bien que les Akhal’Khei soient dévoués, ils sont d’abord sauvages et partiront si ils sont utilisés comme du simple bétail, ne se laissant domestiquer que par des hommes et femmes de sang Kheijan et n’acceptant pas d’être traités comme inférieurs. Ce sont de fiers destriers qui ne plient pas l’échine devant les ordres, ils coopèrent et travaillent de concert avec leur cavalier. C’est pourquoi un Kheijan traitera sa monture comme son égal, on le verra même lui parler comme à un de ses frères. Parfois, le lien entre la monture et son maître est tellement fort que le cheval n’aura pas à se faire diriger, il saura ou aller.
Un Kheijan nommé par le Cheikh en personne, le Jahal’Khei est le chef palefrenier de la cité. Il est chargé de veiller à ce que tous traitent les Akhal’Khei comme il se doit. Il est aussi tenu de s’occuper du registre des Akhal’Khei vendus aux autres peuples. Puisque bien que les Akhal’Khei ne soient pas traités comme du simple bétail et que, règle générale, ils ne sont pas vendus, parfois, lors de caravanes, on fait cadeau de ces montures à des cavaliers d’autres races, par gage de respect. Très rare sont les personnages de sang non-Kheijan qui pourront dire posséder un Akhal’Khei, puisque dès que les chevaux sentent qu’ils sont traités comme inférieurs ou bien manquent de soins, ils quittent leur maître et retournent vers les sables du désert. C’est pourquoi le Jahal’Khei s’assurera que la personne qui hérite de la monture sera en mesure de la garder avec lui pour la vie. L’Akhal’Khei qui quitte son maître n’acceptera plus de se faire monter. Et les Kheijans craignent que si ils manquent de soins, ils ne partent comme ils sont venus.
Ce respect envers les Akhal’Khei découle également des croyances des hommes du désert au sujet des origines de ces chevaux. Puisqu’ils leur ont été offerts par le Roi tout puissant lui-même, ils sont souvent considérés comme ses fils. On dit même que le Roi, pour être plus près de son peuple, apparaît parfois sous la forme d’un de ces chevaux sacrés. Leur pelage de couleur or témoigne de la force que leur a confié le Roi-Soleil.
On dit également que la couleur qu’ils ont dépend du moment de la journée auquel ils sont nés. En effet, la coloration de leurs poils, bien qu’elle soit toujours dorée, varie du jaune de l’aurore à l’orangé crépusculaire. On dit donc que le cheval à la couleur pâle est né à l’aube du jour, que celui de couleur jaune d’or est né lorsque le soleil est à son zénith et que celui à la couleur orangée est né au crépuscule. Et puisque le Roi-Soleil veille sur tous ses destriers, ils ne naissent jamais de nuit.
De vieux récits expliquent aussi que les naissances soient de toujours faites de jour parce qu’un Akhal’Khei est un fils d’Akhal, soit, un Kheijan courageux et valeureux, qui est mort et est renvoyé par le Roi à son bien-aimé désert pour continuer d’aider son peuple. Cela explique aussi pourquoi, lors de la mort d’un Kheijan honorable, on dise « À bientôt mon frère » ou bien « À bientôt ma sœur » plutôt qu’adieu. Et c’est pourquoi les Vizirs voient souvent une jument Akhal’Khei enceinte comme un présage heureux, le retour d’un des leurs.
Une légende raconte que très rarement, lorsqu’une naissance survient pendant une éclipse solaire, l’Akhal’Theke prend la place du Akhal’Khei. Il s’agit d’un cheval à pelage noir, très spécial, qui aura été l’hôte du Roi-Soleil lui-même. Lorsqu’un astre se place devant son regard pour un moment, il descend dans le désert, et apparaît sous forme de cheval pour veiller sur ses sujets. Ce cheval sera comme tous les autres Akhal’Khei pendant un moment, mais ensuite, lorsque l’éclipse s’achève et que le roi reprend sa place dans les cieux, le cheval en perd sa coloration puisque le roi quitte son hôte. On dit de ce cheval à la robe noire de jais qu’il possède une force supérieure et une vie presque infinie, bien qu’il ne soit pas immortel. Seul un Kheijan assez digne pourra posséder ce cheval. Pas nécéssairement un chef ou un dirigeant, mais une personne valeureuse. Ainsi, c’est un très grand honneur de se voir confier un Akhal’Theke.
Tout Kheijan, à la base, est considéré digne de posséder un Akhal’Khei, bien qu’il faille une certaine expérience. Il s’agit également d’un test afin de savoir si le cavalier est en mesure de posséder un vrai destrier. Après que le Jahal’Khei lui le lui ait remis, si le Kheijan ne parvient pas à conserver sa monture en des circonstances régulières, c’est qu’il ne mérite pas d’être un chevaucheur. Et comme les Kheijans sont un peuple de chevaucheurs, il est très mal vu de ne pas être capable de garder un cheval. Les Akhal’Khei sont rares, alors ce ne sont pas tous les Kheijans qui pourront en posséder un sans peine, puisqu’ils sont fiers, ils ne se laisseront pas monter par un débutant ou un enfant, à moins qu’il ne soit un prodige qui démontre une capacité très naturelle à être cavalier et qui partage un fort lien avec l’Akhal’Khei. Quoi qu’il en soit, même si le Jahal’Khei décide à qui elle va, c’est la monture qui choisira son maître, elle le testera pour voir sa manière de réagir, agissant sauvagement, en tentant de le désarçonner ou en lui menant la vie dure, si le maître réagit bien et parvient a la contrôler, elle se laissera faire et deviendra son cheval, son partenaire.
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