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Les Légendes de Najar'him
Les Ruines d'Ishkanet Le Premier Vizir

Les Ruines d'Ishkanet

Iskanet, nom presque oublié... murmuré par les plus braves, évité par les autres. Ceux qui se souviennent craignent d'en approcher, les autres sont glacés jusqu'aux os par une terreur étrange, comme si un étrange maléfice les recouvrait soudain. Une aura sombre et ténébreuse enveloppe les lieux, ceci est certain. La cité oubliée, la cité morte, la cité maudite, Iskanet... villes des anciens Pachas, domaine d'un clan de Vizirs depuis longtemps disparu, dont le nom semble avoir sombré dans l'oubli collectif, même les plus anciens vizirs de notre temps, se vantant de connaître tout le savoir acquis des Kheijans depuis le temps de nos premiers ancêtres, semblent avoir oublié... ou ne pas vouloir se souvenir.

Certains se souviennent... du moins ils le prétendent. Leurs versions venant de l'arrière grand-tante Maharet, du frère du cousin de son voisin ou qui sais-je encore, ne sont pas toutes en accord sur le comment ou le pourquoi, mais tous racontent plus ou moins la même histoire. La riche Iskanet, cité du commerce, point de rencontre de tous les peuples, de sa montée en puissance et en richesse et au final, sa chute mystérieuse... sombrant dans un mal étrange.

Cela faisait quelques générations déjà que les Hastanes s'étant aventurés dans le grand désert se faisaient appelés les Kheijans. Ils s'étaient déjà affirmés comme de fervents commerçants et des marchandeurs experts et on pouvait croiser leurs caravanes se déplaçant lentement sur les routes presque partout sur la surface du monde. L'une d'entre elles était en route pour Citria lorsque par ce qu'on croyait être à l'époque une bénédiction du Dieu Soleil, les Rashads escortant celle-ci découvrirent de vieilles ruines sur les abords d'un oasis. Les pachas s'empressèrent d'envoyer leurs gardes les explorer, espérant y découvrir d'anciens trésors ou objets anciens de bonne valeur. N'y trouvant rien de dangereux, les gardes laissèrent approcher les autres et des fouilles sommaires débutèrent. Ils n'y découvrirent rien de vraiment intéressant, jusqu'à ce qu'un vieux vizir, un nommé Iskanet trébuche sur une vieille urne de céramique. Pestant et jurant, le vieil homme se releva et d'un violent coup de pied fit voler l'urne en éclat. A l'intérieur il découvrit une pierre, d'un rouge noirâtre, de la grosseur d'un poing. Ce fût, nous le savons maintenant, le début de la fin pour ces hommes, bien que leur fin viendrait bien des années plus tard.

Le vizir Iskanet, étant un homme influent, ordonna qu'on établisse un campement permanent sur les lieux de cet oasis. Il s'était bien gardé de parler à qui que ce soit de sa découverte, il ressentait dans cette pierre un étrange pouvoir, une force magique comme il n'en avait jamais vu encore... il découvrirait ce que c'était et l'exploiterait à son avantage pour devenir un homme encore plus important. Il fit poursuivre les recherches, demanda à ce que l'on recrute plus de travailleurs des villes et villages voisins pour les fouilles et également pour irriguer les terres dans le but de faire pousser de la nourriture. Peu à peu, le campement pris de l'importance, il devint une petit village. Un groupe de Pacha vint s'y établir, ouvrant lentement des routes commerciales avec les autres peuples des landes. On découvrait parfois des objets intéressants des anciennes ruines, et les pachas avaient appris à les copier... revendant les copies à prix d'or aux collectionneurs d'un peu partout. On avait nommé le village Iskanet, en l'honneur de celui qui avait organisé sa création.

Le village d'Iskanet ne connu dès lors que chance et bonne fortune. Quelques années seulement après son élévation, on découvrit l'entrée de ce qui semblait être une mine abandonnée sur les flancs de la montagne abritant Iskanet. L'exploration des galeries par quelques pachas avides de relancer l'extraction n'aboutit qu'à de la pierre banale, cependant elles permirent de mettre à jour un passage mieux étayé que les autres et relativement profond. Et quelle ne fut pas la surprise des marchands que de voir leur pied fouler une vaste prairie verdoyantes à la sortie de ce long boyau. Quelques années, un litige de frontière et trois assassinats plus tard, un conflit éclata dans les terres plus au nord, coupant bon nombre des routes marchandes traditionnelles. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les Pachas d'Iskanet tenaient en leur possession l'un des rares passages ouvert vers l'Ouest, permettant l'acheminement de nombreux produits Kardars qui jusqu'alors passaient par le Nord. Ainsi le village devint l'un des principaux coeur du commerce de tout Teilia, certains kardars venant même vivre dans cette cité, aidant à élargir la voie souterraine. C'était la première fois que l'on voyait des étrangers s'établir dans le désert.

Cependant la guerre qui un jour avait commencé était appelée à s'achever un autre. Ainsi une trentaine d'années plus tard, la paix fut déclarée dans le nord, réduisant le traffic marchand de la cité des sables. Iskanet s'affaiblit comme l'homme qui l'avait bâti. Celui-ci était devenu méconnaissable. Entouré de disciples qu'il avait recruté au fil des années, il vivait reclus, dans une grande maison construite sur le site même des ruines. Quelques années plus tôt, un groupe de mineurs avaient dégagé dans une grande galerie perpendiculaire au passage souterrain un ancien sarcophage, orné des symboles de Narshoul le maudit. Iskanet en avait interdit l'accès a tous, mais cela ne l'empêcha pas de s'accaparer les trouvailles qu'il fit dans cette pièce. Un vieux grimoire et une couronne d'ébène garnie des même pierres rouge noirâtres qu'il avait trouvé des années plus tôt.

Iskanet y consacra tous son temps à ses recherches sur ces mystérieuses reliques et parvint, au fil des années, à découvrir une partie des secrets des ruines et de la tombe. Sachant qu'il ne vivrait pas suffisamment longtemps pour découvrir le reste, il s'était résigné à utiliser ce qu'il avait découvert dans le grimoire. Utilisant la couronne et des rituels maudits, il invoqua sans vraiment le savoir le Dieu Narshoul. Ce dernier, amusé, donna à Iskanet une vision de ce qu'il devrait accomplir pour vivre éternellement... Les détails varient sur ce point, allant des suppositions les plus folles aux élucubrations de vieillards séniles, mais la plupart convienne qu'il dû par un quelconque moyen, remplacer son coeur par la première pierre qu'il avait trouvé.

Quoi qu'il en soit, le résultat ne fût pas vraiment ce qu'il attendait. Il avait reçu la vie éternelle en effet, mais son corps pourrissait lentement et ses chairs tombait en lambeau... il vivrait éternellement sous les traits d'un cadavre en putréfaction ! Affolé il reprit ses recherches de plus belle, désirant trouver un moyen, n'importe lequel pour renverser ce qu'il avait fait. Il crût le découvrir bien des années plus tard... mais à nouveau il se fourvoyait. Et pendant ce temps l'éphémère cité commerciale d'Iskanet dépérissait elle aussi.

La nuit venait de tomber lorsqu'Iskanet commença son rituel pour appeler à lui l'esprit des anciens habitants des ruines. Il avait cru comprendre en lisant le grimoire que ceux-ci avaient appris à surmonter la mort et il voulait leurs connaissances. A minuit, lorsqu'il termina le rituel, l'esprit des adorateurs de Narshoul s'éveillèrent... le couvercle du tombeau renfermant le corps du grand prêtre de Narshoul envoyé pour sacrifier les derniers Hastanes ayant refusé de servir son Dieu s'ouvrit lentement. Ce fût la dernière nuit d'Iskanet... autant ville que vizir disparurent à jamais. Les ruines qui étaient devenues métropole redevinrent ruines, et les tremblements de la montagne comblèrent le passage. Les morts eux rôdent encore à cet endroit, derniers vestiges de la folie d'Iskanet...


Les Légendes de Najar'him
Les Ruines d'Ishkanet Le Premier Vizir

Le Premier Vizir

Le vieillard changea de main son vieux baton aussi déseché par le vent sec des sables que lui et après avoir dégagé sa gorge encombrée, il dédia un sourire édenté aux enfants assit autour de lui, à l'ombre de la boutique tenu par vieil homme.

Il était une fois dans le déserrrt, un coeurrr frroid, solitairrre, éloigné de tous vivant. Voyageurrr envoutant, surrr un tapis volant, il allait sur les sables arrrdents. L'etrrranger finit parrr crrroiser la rrroute d'un de nos clans, carrr c'était encorrrre à l'époque où nous ne pouvions pas rrrester trrrop longtemps au même endrrroit, de crrrainte d'assècher les puits. L'homme ne dit aucun mots pendant plus de trrrois jourrrs, rrrestant isolé, derrrrières les dunes à l'Ouest de l'Oasis. Quelques hommes du clan le surrrrveillaient jourrrs et nuits en attendant de pouvoirrr reparrrtirrr. L'homme possédait des objets bien étrrrange, tel que son tapis qui semblait pouvoirrr voler, ou encorrre ses bijoux de feu qui brrrillaient à son cou, mais surrrtout cette outrrre d'eau qui semblait ne jamais se vider. Au bout d'un quatrrrième jour, lorrrsque le soleil marrrchait surrr le sable de l'Ouest, l'étrrranger prrris la dirrrection du camps. Le maîtrrre de la carrravanne, entourrré de ses guerrrriers l'attendit, crrrraintif. Quand enfin l'homme arrrriva devant eux, il prrrononça des mots étrrrranges et incomprrréhensible, avant de pointer son doigt surrr le Dieu-Soleil, puis verrrs la tente du maîtrrre, avant de prrrésenter devant lui son outrrre. Et il la tourrrna verrrrs le sol, laissant l'eau couler à même la terre. Mais l'eau ne cessa pas de couler, et deux ou trois tonnelet d'eau aurraient déja du être vidé lorrrrsque l'homme referma sa gourrrde.

Ce soirrr là le chef rrrreçu en prrrésent la gourrrrde, de l'envoyé du Dieu-soleil, tandis que celui-ci devenait l'ôte du maitrrre de la carrravanne. On ne tarrrda pas à l'appeler Vizir, celui qui peut, et l'homme continua à fairrre d'autrrrre mirrracle, prrrévoyant les tempêtes, faisant poussser des arrrbres en une nuit. Et lorrrrsqu'il pronnnonça enfin les mots de notrrrre langue, il enseignna ses grrrands secrrrets aux cinqs fils du Maîtrrrre du camp. Les Vizirrrrs d'aujourrrd'hui sont les fils de ceux-ci, ou bien leurrrrs apprrrentis.

Quand au prrremier des Vizirrrs, on dit qu'il est rrreparti un soir, verrrs l'Ouest, et qu'il n'est rrrevenu. Mais quand le vent vient de l'Est, le soleil est à l'Ouest et s'endorrrt dans les sables d'Orrrr. On prrrétend qu'à cet instant on le voit bénissant le sommeil du dieu arrrdent.

Le vieil homme repris une posture normal, reposant l'assiette en cuivre ou était gravé ce qui ressemblait vaguement à une représentation du dieu soleil qu'il avait soudainement tendu au dessus de lui pour illustrer son récit et émouvoir les marmots.

Mais moi je suis un vieil homme ! Et j'ai connu le fils du cousin de la tante de l'un des cinqs fils du Maîtrrrre de la carrravanne ! Et elle m'a donné cet objet rrrrarrre, une pièce inestimable, la lampe qui a serrrrvit au prrremier des Vizirrr lui-même dans la tente du chef ! Et je peux vous la laisser pour un bon prrix, vous avez l'airrr d'êtrrre de futurrr guerrrrier puissant ! Pourrr cinq pièces de cuivre...

Le vieillard continua son discours, agitant une vieille lampe à huile cabossée et fêlée en plusieurs endroits devant les yeux émerveillés de quelques gamins crédules.