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Retour de la Démocratie

Tentative de démocratie

Après qu'Aeltisis ait accordé la conscience aux Drakans, ceux-ci quittèrent la Caverne des Origines dans laquelle ils vivaient jusque lors afin de fonder leur cité légendaire, "Kyslosk", la "Cité d'Emeraude" en ancien Drakan. Il avait été alors décidé, dans un consensus national, qu'un système pleinement démocratique devait être mis en place : chaque conscience se devait d'être respectée, et seul un régime démocratique pouvait assurer cette autonomie d'esprit.

Ainsi, chaque Drakan possédait le droit inaliénable de dire ce qu'il pensait, chaque fois que l'Assemblée du peuple se réunissait. Mais, l'autonomie de pensée n'était qu'une douce illusion, pour un régime politique moderne enfermé dans des structures familiales traditionnelles. Rapidement, les Drakans se mirent à former des coalitions, pour protéger leurs intérêts et ceux de leur famille, plutôt que pour rechercher le bien de la communauté civique. Les sophistes, maîtres rhéteurs, envahissaient les tribunes et provoquaient de puissants affrontements entre partis opposés. La liberté de conscience aboutissait à la scission du peuple...

Fin de la démocratie avec la venue du Messie

Sakertosk naquit en ce climat politique troublé. Il ne reconnaissait nulle autorité venant de ses parents, et ne respectait que le bien de la Cité. Il savait qu'Aeltisis, la mère de tous les Drakans, avait besoin d'un peuple soudé pour que l'Equilibre soit protégé. Or, la vue du morcellement de son peuple lui déchirait le coeur, et touchait sa profonde piété.

C'est alors que, devenu citoyen de Kyslosk, il monta régulièrement sur les tribunes, et fit entendre sa voix. Les sophistes qui, jusqu'à présent, jouaient sur les intérêts personnels des Drakans pour faire adopter des propositions qui leur seraient favorables, furent ridiculisés devant les capacités rhétoriques de Sakertosk, qui persuadait tous les Drakans, petit à petit, que le bien de la Cité était le plus grand des biens, et que les désirs personnels devaient être maîtrisés en vue du plus grand bien.

Les sophistes furent bannis, jugés comme facteurs de dissention, sans honneur, de simples animaux qui ont négligé leur raison. Sakertosk, jeune encore, montrait alors aux cohortes de Kyslosk que, si les Drakans étaient soumis à des passions, celles-ci devaient être surmontées au nom de sa raison et de son honneur, afin de participer au bien de tous à travers la communauté civique.

Quelques années plus tard, Sakertosk mit un terme définitif à l'hégémonie des familles, dont les valeurs ne trouvaient plus aucune signification chez les disciples du jeune Drakan : il créa la Pouponnière, le Jardin d'Eveil, et l'Académie. Les Drakans, ne connaissant jamais leurs parents ni leurs enfants, étaient désormais libres de toute emprise passionnelle et morale, et ne pensaient plus qu'en fonction du bien de la communauté.

Aeltisis même dépêcha des signes divins pour faire de Sakertosk sa Voix ; et il fut rapidement proclamé Messie du peuple Drakan. Messie, car il avait sauvé du fourvoiement le peuple d'Aeltisis qui errait à cause de sa démocratie. Messie, car il avait donné un but à la Nation en créant le Jardin d'Eveil et l'Académie : les Drakans, perdant leur famille, n'avaient pas perdu leur raison de vivre. De même que le Messie, ils faisaient pour la plupart leur propre Vahanishar, et trouvaient à leur retour leur raison d'être au sein de la Cité.

Vers la théo-démocratie

Reconnu comme le Messie, Sakertosk s'imposa à la tête d'un système théocratique, en conservant l'Assemblée du peuple. En compagnie du Juste Militaire et du Juste de l'Administration, lui, le premier Juste religieux de l'histoire drakanne, surveillait à présent les décisions prises à l'Assemblée, et conseillait le consensus démocratique.

Ainsi, les Drakans avaient en leurs pattes les rennes de leur destinée, durant chaque Assemblée, et les trois Justes, nommés par le Juste religieux, surveillaient l'évolution de la situation.

Le système des Justes fut conservé jusqu'à aujourd'hui, ainsi que les fondements démocratiques du régime. On raconte que le Juste religieux a toujours une part du Messie en lui, et que c'est avec un oeil bienveillant qu'il est prêt à montrer la voie aux citoyens, qui sont les acteurs de la démocratie, et de leur destin.

Une démocratie obligée

L’échec passé de la démocratie drakanne était dû à la formation de partis politiques avides de pouvoir et détournés de la signification première du terme démocratie : « le pouvoir au peuple ». La corruption fut si grande que les Drakans modifièrent leur système et créèrent un régime théo-démocratique, où la religion patronnait les assemblées populaires et détenait un droit de veto. Ce système, malgré quelques lacunes, fonctionnait et permettait à la démocratie d’accomplir sa tâche tout en préservant la société des démagogues et des dictateurs. Les chefs d’État étaient des « despotes éclairés » nommés Justes désignés par Aeltisis par l’intermède de Sakertosk, le messie. Ce système, qui flancha sous la Seconde Menace rampante, fut remplacé par un nouveau système démocratique.

Ce nouveau système, sans être le plus parfait, restait néanmoins le plus efficace pour la nation dont la population était réduite à quelques centaines. La démocratie participative drakanne (c’est-à-dire que tous les Drakans participent aux décisions) est très lourde pour une société comprenant des milliers d’individus, car il est difficile de tous les rassembler. Or, quand à peine quelques centaines la composent, la démocratie en est allégée et renforcée. De plus, comme tous les Drakans se connaissent relativement bien, il leur est impossible d’être manipulés par des tyrans. Avec la disparition de la bête grâce à Kronos et aux événements passés augmentant encore davantage la dévotion des Drakans envers les leurs, ils ne sont plus soumis à leurs passions et sont donc des représentants impartiaux et réfléchis.

Ainsi, si la démocratie démontra ses lacunes par le passé, son retour en une version améliorée correspond on ne peut plus au nouveau système politique drakan – c’est le meilleur régime qu’ils puissent connaître.


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Histoire Drakanne

Un ancien proverbe de l’époque précédant l’esclavage est encore en vigueur aujourd‘hui, même s’il a perdu son sens profond, au sein du peuple drakan. Comme le disaient les ancêtres, “les archives de Kyslosk sont impénétrables“. Selon les plus sages érudits de la nation reptilienne, ce dicton met en relief deux idées fondamentales.

Tout d’abord, nul n’a jamais été capable ou n’a eu la volonté d’explorer le vaste et mystérieux champs de l’histoire drakanne ; chez ces derniers, rumeurs, conjectures, légendes et autres mythes prennent la place réservée dans la bibliothèque des autres races à la science historique.

Ensuite, il est connu de tous que, dès que les Drakans obtinrent la tâche de protéger l’équilibre de Teilia, ils mirent en place un vaste système d’archives contenant une quantité phénoménale d’informations à propos de tout ce qui concernait l’univers connu. Cela fit donc dire à ceux qui avaient visité l’endroit que, de vie de mortel, nul ne pourrait prendre connaissance de tout le savoir contenu entre les murs de ce lieu sacré.

Dans le présent récit, nous tenterons de percer une partie des archives de Kyslosk. Ensemble, nous survolerons la grandiose histoire des Drakans, de leur cité et de la chute de celle-ci...

Origines et menace rampante

Selon les prêtres et les mystiques, Aeltisis, en des temps fort éloignés, cherchait un peuple pouvant imposer aux autres êtres de Teilia un certain équilibre des forces. Après un long moment d’observation et de réflexion, son choix s’arrêta sur les Ophidiennes, monstruosités reptiliennes plutôt bestiales, mais néanmoins très puissantes et prometteuses. Par le biais de visions et d’incitations, Aeltisis attira la race ophidienne au milieu d’une vaste clairière au sein de la jungle afin de leur donner la seule faculté manquant à l’exercice de leurs futures fonctions : la raison. Sans bruits ni miracles, les Ophidiennes se retrouvèrent subitement en possession d’une intelligence moyennement développée. Réalisant leur propre existence, les reptiles s’unirent rapidement sous la bannière d’une femelle, la matriarche, et formèrent une société relativement prospère.

Sous le règne de leur première matriarche, Rask'skalah, les élus d'Aeltisis entreprirent la construction d'une immense forteresse pouvant leur servir de quartier général en cas de guerre. En quelques mois, des murailles s'élevèrent, des tours s'édifièrent et des armes de siège puissantes se construisirent. Graduellement, les visées militaires et hégémoniques des Ophidiennes se dévoilèrent : afin de faire respecter l'équilibre en Teilia, ils devaient être les maîtres absolus du monde connu. C'est ainsi qu'un jour d'automne, Rask'skalah proclama la destinée manifeste et divine des Ophidiennes sur Teilia. À partir de ce moment précis, les hordes reptiliennes se répandirent sur les landes de notre monde. Forêts après forêts, montagnes après montagnes, les puissants et brutaux soldats d'Aeltisis s'emparèrent de points stratégiques pour le futur de leur guerre sainte. Toutefois, ils découvrirent rapidement l'existence du peuple qui allait mettre fin à leurs désirs impérialistes.

La Caverne des Origines et le pacte du sang

Les récits traitant des origines du peuple Drakan s’avèrent très flous et incomplets. Toutefois, selon les spécialistes les plus réalistes, les premiers ancêtres ne furent qu’une masse de simples reptiles se tenant debout et ne maîtrisant guère les techniques fondamentales inhérentes à toute civilisation (maîtrise du feu, fabrication d’outils...). Vivant dans des cavernes, ces créatures se nourrissaient de chair crue, dormaient à même le sol et ne vivaient que quelques dizaines d’années. Cependant, un jour, le destin bestial de ce peuple se transforma du tout au tout. À cette époque, dans les environs de l'ancienne Kyslosk, se trouvait une grotte que l’on surnomme aujourd‘hui encore “la Caverne des Origines”. C’est dans celle-ci qu’eut lieu, il y a de cela des milliers d’années, le pacte du sang qui rassembla, unifia et édifia la nation drakanne.

Le jour du solstice d'hiver de la première année de l'invasion ophidienne, les Drakans étaient regroupés dans une immense caverne afin de se protéger du froid. Soudainement, un immense feu bleuté apparu au milieu du troupeau drakan, alors disposé en cercle. En son sein se matérialisa la visage divin d'Aeltisis qui, après avoir rassuré les reptiles commençant alors à paniquer, leur offrit un pacte. En échange de l'intelligence, de l'honneur et de la civilisation, les Drakans s'engageaient à protéger l'équilibre des forces au péril même de leur existence. Fascinés, les reptiles se levèrent tous immédiatement puis, à l'aide de la griffe de leur index, s'entaillèrent le poignet droit en signe de pacte avec la déesse. Simultanément, le feu se divisa et pénétra dans chacun des Drakans présents, leur donnant la raison, la loyauté et le sens du devoir. Dès lors, la nation drakanne était prête à accomplir son devoir.

La confrontation et l'âge d'or

Un an après le début de leur guerre sainte, les Ophidiennes réalisèrent la présence d'un groupuscule de Drakans près de leur forteresse. Ne saisissant guère comment ils avaient pu les ignorer pendant tout ce temps, ils estimèrent qu'ils ne constituaient pas une menace réelle pour leur quartier général. Ainsi, il n'envoyèrent qu'un simple bataillon afin de mater et d'exterminer les nouveaux parasites. Toutefois, une seule Ophidienne revint de l'expédition, affirmant qu'une véritable légion de Drakans en armes les convoquait en duel au nom d'Aeltisis. Ne tolérant pas ce qu'elle jugeait comme un blasphème envers la Cilias, Rask'skalah décida d'envoyer au combat, sous son propre commandement, son contingent royal.

Lorsque la confrontation commença, c'étaient plus de 2500 Drakans, hommes et femmes, aînés et jeunes, qui se tenaient debout, prêts à dégainer leurs épées d'acier. Face à eux se trouvait l'élite de la horde ophidienne composée de 3000 guerrières en âge de combattre. Les textes que nous avons conservé des archives de Kyslosk ne relatent pas par quel moyen les Drakans parvinrent à éliminer leurs opposants. Était-ce par magie, par ruse ou par la volonté d'Aeltisis que les Ophidiennes avaient toutes été terrassées ? Nul ne le sait encore aujourd'hui. Toutefois, le résultat fut clair : les Drakans s'étaient affirmés comme Gardiens de l'équilibre sur Teilia. Rapidement, ces derniers, n'ayant perdu que quelques dizaines de soldats, convergèrent vers la forteresse ophidienne puis, effrayant les derniers gardes présents en son sein en leur présentant la tête décapitée de leur matriarche, la capturèrent. Avec honneur et pitié, les Drakans pardonnèrent aux Ophidiennes, mais les obligèrent à quitter la région et à se détacher de leurs prétentions envers Aeltisis.

S'en suivit alors un âge d'or grandiose pour les Drakans. Modifiant la forteresse ophidienne, ils en firent une cité magnifique et prospère. Lui donnant le nom de Kyslosk (signifiant en ancien drakan "Émeraude d'Aeltisis") en raison de sa construction en pierres vertes. La venue du Messie fit de Kyslosk le Bastion de l'Equilibre, avec la fondation d'institutions novatrices et efficaces : la Pouponnière, le Jardin d'Eveil, l'Académie, la théo-démocratie, le culte des Ancêtres, la Meskerss... Cet âge d'or dura des centaines, peut-être même des milliers, d'années. Mais malheureusement, il se termina par les fâcheux événements qui eurent lieu il y a de cela plus de 50 ans...

Le retour de l'ennemi et la chute

Il y a près d'un demi-siècle, au beau milieu d'un hiver particulièrement froid, surgirent des forêts environnantes de Kyslosk une multitude d'Ophidiennes en piteux état. Immédiatement, les trois Justes du peuple Drakan se présentèrent sur les murailles de la cité et échangèrent quelques mots avec les arrivants. Selon les dires de ces derniers, une violente famine avait sévi dans leur contrée située au Nord de là et une bonne partie de leur peuple avait trouvé la mort. Ne voyant guère de solution à cette catastrophe, les Ophidiennes avaient décidé de migrer vers le Sud, un lieu qui, selon leurs légendes, recelait d'abondantes ressources. Ainsi avaient-ils pris quelques provisions et s'étaient dirigés, par un étrange hasard, vers Kyslosk.

Les Justes, suspicieux, estimèrent qu'il était tout de même de leur devoir de les protéger de l'extinction sans se résoudre à les laisser entrer en la cité. Leur fournissant matériaux et provisions, ils leur ordonnèrent de construire un camp de fortune devant les murs de Kyslosk afin de survivre au moins jusqu'à l'été. Pendant plusieurs mois, aucun incident ne brouilla les relations entre les deux races. Au contraire, la nouvelles matriarche Ophidienne, Ylarsk'shalh, et son chancelier, Uliarsk'jarsku, semblaient très bien s'entendre avec les autorités drakannes. Fréquemment, de somptueux festins étaient organisés entre les dirigeants et quelques citoyens choisis au hasard des deux nations et, graduellement, l'idée d'une coopération permanente entre les deux races fit son apparition. À force de discussion, tous en venaient à penser que le passé ne devait pas être oublié, mais qu'il ne devait pas être la base de la construction du futur. Ainsi, lors d'une grande Assemblée ayant lieu pendant le solstice d'été, six mois après l'arrivée des Ophidiennes, les citoyens de Kyslosk votèrent une motion de solidarité : Drakans et Ophidiennes formaient désormais une seule et unique nation.

Chez la plupart des Drakans, la coopération semblait parfaite : les Ophidiennes commençaient à former des commerces en Kyslosk, on leur apprenait les rudiments de l'art militaire drakan et inversement les Drakans découvraient certaines pratiques techniques et mystiques totalement inconnues. Sur le plan gouvernemental, les trois Justes partageaient la prise de décisions avec la matriarche et le chancelier, ce qui apportait satisfaction à tous. Cependant, déjà, avec l'aide des conseils vagues de Sakertosk, la Voix d'Aeltisis, le Juste religieux commençait à se méfier des comportements ophidiennes. Ne disposant malheureusement d'aucune preuve afin de démontrer clairement quelconque intention malveillante, ce dernier ne put guère intervenir dans ce qui allait être la chute de l'Emeraude d'Aeltisis.

À l'automne de la même année, une flotte de navires pirates et brigands fit son apparition dans la baie à l'Est de Kyslosk. Habituées à ce type d'attaque automnale (il était fréquent que certains mécréants cherchent à emplir leurs coffres avant l'hiver), les autorités de la cité décidèrent de montrer la valeur de la nouvelle Légion unifiée. Sous la direction du Juste militaire et du chancelier ophidienne, l'armée composée du tiers des troupes de Kyslosk, regroupant Drakans et Ophidiennes, convergea vers le point de réunion des navires ennemis. Pendant ce temps, comme il était coutume de faire avant chaque grand combat, le Juste religieux présidait, devant le temple national d'Aeltisis, une cérémonie en l'honneur des soldats en marche à laquelle assistaient le peuple, le Juste de l'administration et la matriarche. C'est ainsi que, s'entaillant légèrement l'avant bras avec une dague sacrée, en commémoration du pacte du sang effectué avec Aeltisis, le Juste religieux accomplit la célébration comme à l‘ha bitude.

La nuit venue, un banquet en l'honneur des soldats en route devait avoir lieu entre les dignitaires de la cité. Toutefois, quinze minutes après l'heure établie, le Juste religieux manquait à l'appel. Envoyés le quérir, les gardes du banquet découvrir rapidement le problème : le Grand prêtre était étendu sur le sol du temple, mort, devant l'autel, l'avant-bras boursouflé. Revenant à la course pour avertir les dirigeants de la tragique nouvelle, ils débouchèrent dans la salle du banquet où ils virent l'horreur qui avait eu lieu : le Juste de l'administration ainsi que le peu de gardes drakans demeurés présents pour le protéger avaient été décapités. Au milieu de la pièce se tenaient la matriarche et ses sbires, lames et haches à la main.

Pendant ce temps, le Juste militaire apprenait avec stupéfaction que les navires pirates étaient en fait habités, non pas par la vermine et la racaille traditionnelles, mais par des centaines d'Ophidiennes en armes. Cette constatation était toutefois inutile : derrière lui, Ophidiennes et Drakans s'entretuaient déjà et, bientôt, les forces drakannes allaient être encerclées. Et pendant ce temps, le chancellier s'approchait de lui avec ses gardes d'élites, arme à la main...

La chute se fit donc ainsi : dans la trahison et le désir de vengeance. Lorsque les troupes ophidiennes victorieuses entrèrent en Kyslosk, elles constatèrent avec joie que, sans l'aide des deux Justes restés en ville, celle-ci s'était vue soumise en une nuit par la matriarche et les soldats restés sur place. Rapidement, un système d'esclavage fut mis en place et la première tâche que les opprimés durent accomplir fut de démanteler, pierre après pierre, leur magnifique cité. Aujourd'hui, il ne reste rien de la magnifique "Émeraude d'Aeltisis", si ce n'est la sombre forteresse ophidienne.

La libération

Le plan des Drakans se déroula comme prévu. Ils se rebellèrent contre leurs bourreaux, Syrs ouvrit les portes et rapidement, tous les Drakans furent réunis autour de la pierre avec Vlashnar. L'action devait être rapide. Elle activa la pierre de théurgie et en puisa les essences arcaniques pour créer un portail d'énergie illimitée vers Kopef. Le choc fut total. Les Drakans sentaient le vent leur caresser les écailles, l'odeur saline de la mer, la liberté de bouger où bon leur semblait, de faire ce qu'ils voulaient. Leur répit fut toutefois de très courte durée. Rapidement, des wyvernes furent envoyées pour patrouiller toute cité et toute plaine susceptible de pouvoir abriter des Drakans en grand nombre. Les fugitifs furent localisés à Kopef, et l'armée Ophidienne fut mobilisée efficacement autour du village.

Après quelques combats en compagnie des Nalkiris, les réclamations des Ophidiennes voulant qu'elles soient fondamentalement supérieures aux Drakans s'écroulèrent en même temps que les corps des serpents. Si les Ophidiennes savaient surpasser une armée par le nombre grâce à leur taux de natalité très élevé, elles devenaient gauches lorsque venait le temps de manier une arme, en raison de leur physionomie peu adaptée au combat. Les Drakans étaient donc surpassés en quantité mais certainement pas en qualité. Pour chaque Drakan ou Nalkiri qui mourrait, six Ophidiennes tombaient au combat. Cependant, le nombre d'Ophidiennes était démesurément élevé. Tarasktar, refusant de voir son peuple se faire décimer en même temps que les Nalkiris, impliqués malgré eux, décida de régler le conflit selon la tradition. Il exiga un Duel de champions.

La championne Ophidienne et Tarasktar, le plus apte au combat chez les Drakans, s'affronteraient afin de déterminer l'issue du conflit. Si Tarasktar gagnait, les Ophidiennes repartiraient en laissant Kopef intacte. S'il perdait en revanche, l'assaut serait donné et Kopef brûlait avec ses occupants. L'ancien forgeron n'eut pas le temps d'évaluer son adversaire, car avant même d'avoir prononcé les paroles du Duel, le Commandant lui fonça dessus avec sa hallebarde. Il savait bien que sans armure, le moindre coup porté avec cette arme lui serait fatal. Il misa donc sur la lenteur des mouvements de l'Ophidienne et après avoir esquivé le coup de charge, planta sa musarèche dans le prolongement du corps du serpent, juste sous la gueule.

Si le combat fut de courte durée, le répit qu'il engendra le serait probablement plus encore. Les Ophidiennes ont rapidement quitté Kopef, mais des campements se formèrent autour du village.

Les Ophidiennes n'avaient pas encore laissé tombé l'idée de récupérer ce qu'ils considéraient comme étant leur bien : le peuple Drakan. En attendant, sous la vigilance constante des combattants, les Drakans profitèrent de la liberté chèrement acquise qu'ils connaissaient alors.

L'Ambre, sur les traces de Kyslosk

Les Drakans avaient dû parcourir vaux et monts jusqu'à réunir les pierres sacrées qui ouvriraient le passage vers l'Ambre, le refuge tant convoité. Maintes épreuves étaient à surmonter, mais chaque fois le peuple d'Aeltisis était vainqueur.

Lorsque le passage fut ouvert, et que le peuple en exil trouva les remparts de sa future Cité, le Messie, Sakertosk, nomma les trois Justes de la Nation et ouvrit la forteresse.

Désormais, la Nation drakanne essaie de vivre en l'Ambre des Mers comme l'on vivait en Kyslosk. Idéal utopique ? Les plus grandes idées ont toujours mené ce peuple vers sa perfection, vers l'accomplissement de soi prêché par Sakertosk...

L'épisode de la Faille

Un soir d’été, une immense structure fit son apparition sur les plages d’une mer intérieure. Autour de cette structure s’érigea une barrière et rapidement, ce monolithe fut reconnu comme étant la Faille planaire. Après quelques temps, cette faille créa des troubles au sein de tous les draks de Teilia et l’énergie qu’elle dégageait provoqua de graves catastrophes naturelles et surnaturelles. Au fil de recherches, plusieurs prirent connaissance de la gravité de la situation lorsque les dévots, liés à leurs Cilias, perçurent une menace sans équivoque – les Cilias eux-mêmes étaient acculés par la puissance de la faille. Ainsi naquit la Coalition, qui regroupa toutes les races des landes.

On apprit par la suite que la Faille était une création de Kronos, nouvelle déité drakanne, mais que sa brèche spatio-temporelle fut altérée, manipulée et déversa des envahisseurs maléfiques sur Teilia. Devant cette invasion, les Teiliens s’unirent sous l’égide de la Coalition, une initiative drakanne, et prirent diverses mesures pour contrer l’adversaire qui tentait de corrompre les Cilias.

Après avoir réglé les troubles au sein de chaque race, le Général des Armées du Natiris, qui s’avéra être Sakertosk corrompu par la faille, fit son apparition et entra officiellement en guerre. Aidé par ses éléments corrompus de l’eau, de la terre (Teilia) et du vent (Sul), il s’attaqua aux cités de Teilia. Des batailles eurent lieu en Kar, en Luk’maar, en Najar’him et en Citria – toutes furent remportées par les draks de Teilia et leur allié, Nar, l’élément du feu. Dès lors furent libérés les royaumes divins et les Cilias, exception faite du Natiris et d’Aeltisis, toujours prisonniers.

C’est là que Kronos en profita pour apparaître aux Drakans et leur proposer de les prendre sous son aile s’ils parvenaient à libérer Aeltisis, car dès qu’elle reprendrait son rôle, elle perdrait toute emprise sur les Drakans, son emprise étant illégitime selon Kaija, Cilias suprême, et les Drakans se retrouveraient à l’état de bêtes sans intelligence.

Puis, un rituel fut fait et fit apparaître Sakertosk, le corrompu, et à l’aide d’une dague enchantée, il fut réduit au néant par le sacrifice d’Ethys Sathysmyth, un ancien et renommé paladin d'Aeltisis drakan. Par son acte courageux et altruiste, il permit l'emprisonnement de Sakertosk, ce qui occasionna la mort de ce dernier. Des informations récentes au sujet de ce Drakan, Kronos en aurait fait, afin de le remercier, chef de ses inquisiteurs Kolyaruths.

Pourtant, rôdait toujours un derko invisible, dont on savait à peine le nom, Haaeyr.


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Éducation Drakanne

Technocratie, administration, numérotation des individus et nationalisation de l'éducation. Tant de conceptions idéalistes de l'éducation drakanne qui furent, à la fin, réduites à néant par la perfidie des Ophidiennes. Toutefois, cette annihilation de l'éducation nationalisée n'eu guère que de mauvais côtés. Certes, disparurent ce que l'on avait assimilé à du patriotisme fervant, à de la piété et à de l'intégration aux Cohortes pendant des siècles. Mais apparurent aussi de profonds troubles de personnalité qui causèrent la chute ultime des Drakans. Premièrement, l'oubli de soi au profit du peuple entraînait, chez certains Drakans, une ressurgence violente de la soif de pouvoir et de l'instinct de gloire (Vlashnar en fut le plus triste exemple en voulant améliorer seule le destin de sa race). Deuxièmement, la séparation des parents, loin de créer l'attachement à la nation désiré, menait plutôt à une intense carence affective et globale. Souhaiter d'un gouvernement qu'il éduque et élève les enfants comm e le feraient des parents dévoués frôlait en effet l'utopie. Mais la plus intense critique résidait dans le fait suivant : divisés en cohortes, séparés de la société pendant de nombreuses années, souvent spécialisés dans un domaine spécifiques, les Drakans soumis à l'éducation traditionnelle faisaient preuve, dans bien des cas, d'un manque de cohésion générale de leur être. Un paradoxe apparaissait alors : on attendait d'individus formés à la spécialisation par une administration un sagesse existentielle.

Suite au quasi-génocide drakan et à la perte de l'Ambre des mers, une profonde réforme de l'éducation devait prendre place. Celle-ci se fit donc autour de trois axes primordiaux :

  • L'ouverture à la sagesse
  • L'entraînement aux arts martiaux
  • Le Vahanishar renouvellé

Le but de cet apprentissage est clair : former les Drakans à la réflexion, à la rhétorique, à l'action, au combat et à la connaissance de soi et du monde. Le gouvernement drakan n'existant plus et la race se trouvant dans une situation démographique périlleuse, chaque individu se voit valorisé pour lui-même. Chaque Drakan devient essentiel à la survie du peuple et à son épanouissement, c'est pourquoi l'éducation est désormais une affaire semi-privée. La disparition de la notion de "Cohortes" fut évidemment une conséquence directe de cette mutation, mais il n'est pas rare de voir des parents, dans un soucis de respect de la tradition, se concertés afin d'adopter pour un groupe d'enfants Drakans donné un nom commun en ancien dialecte.

Un parcourt unique :

À la naissance du bébé drakan, les parents (qui désormais sont chargés d'assurer le bien-être de l'enfant) veillent à trouver pour leur poupon un maître qui, dès ses premiers pas et mots jusqu'à l'âge de 18 ans, veillera à l'éducation du Drakan. Le maître, reconnu normalement pour sa sagesse, sa profondeur spirituelle et son talent au combat, prendra alors sous son aile le jeune Drakan ainsi qu'entre 5 et 6 autres de ses semblables pour les éduquer.

Le choix du maître s'avère donc une étape fondamentale dans l'éducation de l'enfant. Certes, ce dernier ne connaîtra les enseignements que d'un seul sage, mais le nombre de maîtres reconnus étant connu de tous, les abus de confiance et les endoctrinements abusifs sont la plupart du temps évités. Le maître devra alors éduquer l'enfant aux trois domaines ci-dessus mentionnés :

  • Par la sagesse, le maître ouvrira l'esprit de son élève. Il lui enseignera les valeurs drakannes, les récits des Anciens, l'histoire du peuple et le rôle des Drakans en ce monde. Par le dialogue et l'acquisition de connaissances, l'apprenti apprendra à maîtriser toujours plus en profondeur sa tâche en tant que Drakan. Qui plus est, une introduction aux divers royaumes de Teilia et aux mentalités raciales sera de mise.
  • Par l'entraînement aux arts martiaux, le senseï permettra à son disciple de maîtriser son corps. Faisant découvrir à ce dernier la méditation, le maniement de la lame, le respect de la vie et de la mort au combat, les traditions de duel et l'humilité dans la victoire et dans la défaite, le maître tentera de développer les talents guerriers et l'esprit d'honneur de l'apprenti.
  • Finalement, à l'âge de 18 ans environ, le Drakan, après en avoir discuté avec son maître, entreprendra son Vahanishar. Lors de ce voyage, il apprendra la neutralité concrète, la vie hors de son peuple et la diplomatie en action. À son retour, son maître, qui aura surveillé dans la plus totale des discrétions ses mouvements et déplacements, jugera si l'éducation de son disciple est complétée. Dans l'éventualité où le jeune adulte aurait causé d'innombrables bévues et problèmes lors de ses voyages, une sévère punition sera alors mise en place. Dans bien des cas, les jeunes Drakans, honteux d'avoir raté la plus grande épreuve de leur vie, se feront hara-kiri, évitant probablement ainsi à ses semblables la lourde tâche de le punir et de l'encadrer dans ses déviances.

À la fin de toutes ces épreuves et leçons, le Drakan sera aptes à entreprendre l'oeuvre de sa vie. Lors d'une assemblée du peuple, il pourra se faire confier une mission hors de Tyrimar, ou encore oeuvrer pour la religion ou la culture de sa race.


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Morphologie Drakanne

0 à 12 ans

L’éclosion : Le jeune drakan sort de son oeuf environ six mois après la ponte. À la naissance, le bébé n’a guère d’écailles, ce qui le rend très vulnérable pendant près d’un mois, et il ne présente qu’une peau lisse de couleur laiteuse.

Les ailes, atrophiées et peu remarquables, sont alors protégées par une membrane transparente qui restera jusqu’au sixième mois. Leurs dents et leurs griffes, petites et pointues, sont déjà présentes et ne cesseront jamais de croître (ce qui le forcera à les aiguiser régulièrement). Finalement, la queue, presque invisible, suivra l’épanouissement progressif des ailes.

12 à 16 ans

La transformation : C‘est vers l‘âge de 12 ans que commencera chez le Drakan le développement de ce qui le définira pour le restant de sa vie. Très douloureux, ce passage est marqué par le déploiement, quelque peu pitoyable, des ailes atrophiées, par la pousse accélérée de la queue et par la première mue.

Les écailles, jusqu’alors minces et peu solides, laissent place à une multitude de plaques dures et colorées. Simultanément, les griffes, faibles et transparentes, commencent à s’endurcir et à s’élargir pour devenir des armes mortelles. Ainsi, c’est pendant cette période que le Drakan devra apprendre la maîtrise de soi et la méditation.

16 à 30 ans

L’endurcissement : Après avoir passé à travers la première mue, très douloureuse, le Drakan entre dans une seconde période beaucoup plus tolérable. Pendant celle-ci, il apprend à maîtriser légèrement ses ailes, sans pouvoir voler évidemment, puis il subit une seconde mue au cours de laquelle ses écailles prennent la solidité caractéristique de la peau drakanne. Souvent accompagnée de rituels d’intégration sociale, cette période est très importante chez les plupart des jeunes adultes. En utilisant la douleur et les faiblesses de volonté qu'elle engendre, les Pantagogues drakans apprennent aux jeunes adultes drakans à s'endurcir physiquement par les arts martiaux et à canaliser dans des projets constructifs les souffrances. En connaissant la douleur, le Drakan devient ainsi plus apte à affronter avec sérénité et courage le monde qui l'entoure.

30 à 200 ans

Aucun événement physiologique commun ne survient pendant cette période. Toutefois, il est à mentionner que, chez la plupart des Drakans, avec la maturité, des cornes émergent de leur crâne. Chez les Drakans les plus sages, les ailes prennent une forme majestueuse, symbolisant la plénitude spirituelle de l’individu.

Finalement, entre les mâles et les femelles, il n’y a que peu de différences. Ainsi, alors que les premiers se font imposants avec leur taille moyenne de 165 à 190 centimètres et avec leur poids variant entre 100 et 120 kilos, les secondes, plus petites et moins musclées, ne font que 155 à 180 centimètres en moyenne et pèsent entre 90 et 100 kilos. Les ailes et la queue, adaptées à la masse corporelle, s’avèrent plus grandes et puissantes chez les mâles que les femelles. Ceci dit, il est reconnu que, même si cela demande une somme d’efforts plus grande de la part de la femelle, celle-ci peut égaler la force du mâle et sa capacité physique.


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Le culte de Kronos : du savoir à la foi

La vénération d'un Cilias n'ayant d'intérêt envers Teilia qu'en celui qu'il porte face à ses divinités est chose très complexe à définir. Or, Kronos, en tant que juge divin représentant la neutralité absolue est exactement ce type de Cilias dont le culte ne peut se définir qu'en fonction de la perception qu'ont ses suivants de ce dernier. Chez les Drakans, race en quelque sorte "élue" de Kronos (au sens où elle se doit officiellement de défendre sa notion d'équilibre afin de conserver son esprit civilisé), le culte du Cilias du temps est fondé sur une série de préceptes alliant peur, respect et soif de connaissances.

La peur :

Kronos est d'abord et avant tout le détenteur de la puissance inhérente au temps. En lui se trouve la force de tout cesser et de permettre la venue du futur. Cependant, encore plus mystérieuse est la puissance qui lui fut confiée par Kaija au moment de sa création. À la fois machinal et sage, impartial et équilibré, la parole de Kronos est incorruptible : celui qui pèche selon ses préceptes se voit nécessairement puni en fonction de la rétribution adéquate. Chez les Cilias, cela se fait par le biais de la toute-puissante lumière du temps qui, selon les légendes, auraient la force de retirer à un membre du corps divin toutes ses facultés supérieures. Chez les mortels, l'action de Kronos transparait à travers ses Kolyaruths, inquisiteurs quasi-invincibles chargés de l'accomplissement d'une mission précise.

Face à cette détermination et à cette froide neutralité, les Drakans ont développé face à Kronos une peur tout particulière. Sans être comparable à celle que peuvent éprouver les Gorlaks face au terrible Narshoul, cette crainte du Cilias du temps est une angoisse de se voir retirer au moindre faux-pas les privilèges que celui-ci leur a accordé (prioritairement la Raison). Le premier aspect de la religion drakanne est ainsi le rappel constant et minutieux du contrat liant Kronos et la race reptilienne et ses possible, et même probables, conséquences terribles.

Le respect :

De l'âge et de l'expérience provient le respect le plus profond et le plus sincère que puisse éprouver un individu pour un autre. Kronos, en sa qualité de Cilias du temps, représente le degré le plus élevé de cette transcendance de l'âge. Nonobstant son savoir absolu indéniable et sa sagesse sans borne, le simple fait qu'en lui réside l'entièreté des époques et des ères que connurent, non seulement Teilia, mais l'existence en elle-même, fait de ce Cilias, du moins pour les Drakans, une entité méritant un respect ineffable.

Plus encore, c'est en lui, par lui et avec lui que se perçoit cette relation de respect intime : le Drakan, comme partie intégrante du temps, existe en Kronos, continue de s'épanouir par son oeuvre et, sous son regard attentif, chemine dans sa vie avec lui. En tant qu'entité participant à toutes les sphères de la vie drakanne (par son contrôle du temps, mais aussi par la grâce de Raison offerte), Kronos est ainsi l'être méritant le plus sincère des respects pour le peuple reptilien.

La soif de connaissance :

Kronos, incarnation du temps et du savoir total et éternel. En son livre sacré, on peut retrouver l'entièreté des faits passés et présents. De ce savoir émerge une grande puissance, symbole même de la grandeur de l'esprit et de la sagesse qui en émerge. De ce fait -de la connaissance naît la sagesse et l'action adéquate-, les Drakans s'inspirent fortement dans leur culte à Kronos. C'est d'ailleurs autour de ce fait que s'organise une bonne partie de l'adoration de ce dernier.

Les "prêtres de Kronos" (ainsi surnommés par analogie par rapport aux prêtres conventionnels) s'avère des individus fort différents de leurs semblables de métier. Ne recevant aucun pouvoir du Cilias du temps, ceux-ci mettent dans l'acquisition de connaissances et de savoirs en vue de la sagesse le fin ultime de leur quête. Autrement dit, si la force brute de la magie divine ne peut servir à défendre les intérêts de Kronos en Teilia, alors les mots inscrits dans son livre éternel et leur apprentissage par les fervants serviront à convaincre et à jongler avec les forces des autres. Le prêtre de Kronos (souvent orienté dans une branche savante) n'est toutefois pas un manipulateur : lorsqu'il persuade un individu de modifier son attitude, il le fait avant tout afin que celui-ci se dirige plus adéquatement dans l'ordre des choses prévue par le cosmos originel prévu. Mais afin de bien diriger les gens, il faut détenir une vaste connaissance de cet ordre des choses : ce pourquoi la soif de savoir est hauteme nt respectée.


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L'Honneur par les armes

Qu'est-ce qu'une arme ? Beaucoup d'opinions se diffèrent selon les individus de ce monde mes chers. Certains n'y voyant que banalité n'apportant que mal et destruction. D'autres y verraient gloire et protection. Les opposés sont liés à la définition de la chose. La meilleure façon de vous faire savoir ce qu'est une arme, à nos yeux, Drakans, est par l'intermédiaire de ces valeureuses paroles. Prêtez oreilles mes varsdas car celles-ci vous serviront pour l'éternité dont vous servirez Kronos.

L'Acier est le Coeur de l'Arme.
Le Coeur est l'Acier du Porteur.
Le Porteur est l'Acier de l'Équilibre.
L'Équilibre est l'Arme du Coeur.
Tous sont mêlés.
L'Acier, l'Arme et le Porteur.

Ces paroles, proprement étudiées arriveront à vous mener à la juste compréhension de l'Honneur par les armes. Ne voyez pas en une lame, une masse, une lance ou même un simple dague, un banal instrument sans utilité. Simplement car les pouvoirs de ceux-ci, selon le porteur, se voient amplifiés grandement. Ne doutez pas de ce à quoi une arme peut vous mener. Les voies sont vastes dans cet acheminement des plus amples.

Cependant, malgré ce, vous allez devoir apprendre à honorer votre instrument et non pour l'utiliser sans foi et croyance. Cet outil des plus puissant se veut en accord avec le bien tout comme le mal. Nous devons l'utiliser à notre juste valeur, au service de Kronos et de l'Équilibre. Une arme est le prolongement de nous-même. Lorsque l'on fixe un mirroir, nous devons nous perçevoir dans notre propre poigne, bien que l'image se montre des plus inusitée et amusante, elle est la clé vers la compréhension d'elle. L'arme est une être, tout comme nous tous, mes varsdas. Elle possède une âme, des émotions, une conscience ... honorez là, comme votre frère ou soeur identique. Je demandai à un sage une foi par qui la première lame fût forgée. Il me répondit, aussi sagement que sa personne : D'acier acérée était faite son âme.

L'utilisation d'un tel instrument grandiose se veut bien risqué, contrairement à ce que plusieurs pourraient vous prétendre. La voie vers laquelle vous devez vous acheminer devra être suivi d'une droiture sans égal, sans imperfections.

Une arme se doit d'être subsisté par l'Honneur accordé par le porteur, à son égard. Sans quoi, l'utilité de cette dernière se verra perdue par l'incompréhension, l'ignorance et la perdition. Apprenez à la comprendre comme elle vous comprend. Vous ne pouvez tuer banalement votre ennemi, vous l'honorez d'une fin glorieuse. Apprenez aussi à voir dans cet Honneur de ne pas la dégainer à toute occasion de le faire. Parfois, le confort de celle-ci au fourreau doit demeurer pour son propre bien-être et ceux de plusieurs autour aussi.

En dernier point, j'aimerais ajouter ceci : Lorsque la lame est d'acier, elle apporte mort, vengeance et haine. Cependant, lorsqu'elle devient dignité et respect, elle est synonyme d'humilité et de gloire. Pour quel aspect avez-vous l'user ? C'est à vous de voir. L'un d'eux honore Kronos et l'autre non.

Apprenez, mes frères, mes fils. Ainsi, vous honorerez les vôtres, tout comme votre outil grandiose.


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La Sharkass

La prise de l'Ambre des Mers affligea grandement les effectifs Drakan mais aussi le moral de ceux ayant réussi à survivre à cette terrible tragédie. Quelques temps ensuite, la catastrophe inter-planaire arriva. Les Défenseurs de l'Équilibre, pris de court, allait certainement être forcé à demeurer dans les ombres du malheur. La sagesse leur fît créer la Coalition, une force unie de tout les peuples Teiliens, sous une simple et unique banière.

Les temps de guerres sonnaient, les assauts étaient donnés partout sur les landes. Les Drakans, crû à demeurer dans l'ombre à ces moments n'en firent pas autant que les croyances portées vers eux.

Le sol tremblait, les galops se faisaient audibles au loin aggrémenté de puissants sifflements perçant les airs et sons environnants. Les capes à colets verdoyante de la Cavalerie filaient au gré du vent et de la vitesse portée par les galops de leurs destriers clairs et purs. Leurs tabars aux teintes brûnatres, mêlés de reflet éclatant pouvaient aussi être décellé, avant de n'être nimpé du sang de ceux qu'ils allaient combattre sous peu. C'est dans une droiture et un synchronisme incomparable qu'ils formèrent une lignée digne des fiers combattants qu'ils sont. Leurs postures individuelles se montraient toutes identiques, d'une droiture sans commun, le museau droit et fier, vers les devants. Leurs silences étaient aussi indéniables, seulement coupés de quelques sifflements égarés habituels.

La Sharkass ... ceux ayant survécus. Bien que leur nombre était grandement inférieur à une armée, l'Élite Drakanne y était. Elle se battait avec honneur et fierté, pour une cause qu'ils jugeaient juste de défendre. Leurs efficacités étaient prouvés et compensaient amplement au nombre moindre qu'ils étaient.

L'Élite ne peut cependant n'être que rarement apperçu. Cependant, lorsque les regards peuvent arborer la Sharkass, c'est d'une certitude claire que les Drakans ne sont pas là pour un rien. Lorsque le péril s'amène aux portes d'un Royaume ou de Terres en danger, leurs habitants peuvent compter sur l'illustre collaboration de la Sharkass, lorsque ceux-ci trouvent la chose nécessaire à leurs implications.

C'est donc ainsi que l'Élite Drakanne fût assemblée, pour ne former qu'un, en une seule et unique patrie, se distinguant de toute armée ; La Sharkass. Alors que les feux meurtriers et démoniaques de forces indignes de ce monde se porteront sur Teilia, la Sharkass combattera pour la gloire et la survie, par l'honneur et le respect.

Nous sommes la Sharkass.
Nous fûmes baignés dans les eaux saumâtres dès notre naissance; ainsi nous sommes à jamais imprégnés de la balance.
En notre coeur survivent nos valeurs; et jamais un coeur n'oubli ses serments.
Notre pensée n'est guidée que par la réflexion et la raison; nulle émotion ne saurait en altérer le jugement.
En notre sang coule le pacte d'antan; celui qui assure notre dévouement.
Et en notre âme, pièce maîtresse de notre symphonie, gît notre nature; l'Équilibre.
Voilà pourquoi nous sommes ici, voilà pourquoi nous veillons à votre survie.
Ainsi vit le drak qui, au prix des siens, assure le lendemain.
Ainsi vivent ceux qui ont survécu.


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Équilibre Drakan

Chapitre MMCCCXLVII : La destinée des peuples teiliens

Par décret de la Reine des reines,
Impératrice Suprême,
Déesse des Cilias,
Kaija,

Les mots suivants se devront d'être à jamais compris, appliqués et honorés. Moi, Kronos, Cilias du Temps, Voyageur, Nomade, Conseiller, Juge et Bourreau, aurai la charge éternelle d'accomplir en Teilia la tâche antérieurement réservée à Aeltisis : l'équilibre des peuples teiliens. Ainsi :

Considérant

1. Qu'Aeltisis, depuis la création du monde appelé Teilia s'est accaparé la charge de l'équilibre des peuples teiliens, mais que sa nature manifestement engagée dans la protection de la vie et de la nature lui empêchait tout neutralité absolue,

2. Que la vie comme la mort ne sont que des facettes de l'Être suprême et que, tout comme le chaos et l'ordre, le bien et le mal, l'âme et la matière, ces éléments ne forment en aucun cas la nature ultime de ces Être,

3. Et que les Cilias ne doivent avoir la charge que des domaines correspondant à leur nature profonde afin que ceux-ci soient adéquatement,

La Tout-puissante Kaija a décrété que :

1. Kronos reprendrait le domaine de l'équilibre des peuples de Teilia correspondant parfaitement à sa nature profonde,

2. Le peuple dénommé "Drakan" doté de la raison par Aeltisis servirait dorénavant les ordres de Kronos et qu'Aeltisis n'aurait sur eu plus aucune autorité supplémentaire aux autres Cilias,

3. Pendant que Kronos veillerait à l'équilibre des Cilias de Teilia, les Drakans auraient le devoir absolu de veiller à celui-ci parmi les peuples teiliens.

Le concept d'équilibre est le suivant : La recherche de l'accomplissement des rôles et destinées intrinsèques aux natures des différents peuples de Teilia, et ce par la parole, la ruse et l'usage modéré mais non concerté de la force.

Les destinées des peuples de Teilia sont les suivantes. Il est à noter que ces destinées sont énoncées du point de vue subjectif à chacune de ces races :

  • Drakans : Le respect absolu de Kronos, de son domaine, de ses valeurs et de sa quête, et ce par leurs actions et comportements individuels et raciaux.
  • Hastanes : Suivre les valeurs d'Odéon : soit la liberté, l'honneur, la fierté, le Bien, la justice et la lumière.
  • Nébulix : Obtenir "L'Ascension", donc atteindre le statut d'étoile par le biais de la connaissance et de la magie.
  • Gorlaks : Poursuivre les desseins de Narshoul grâce à la force, l'anarchie contrôlée, la gloire, la brutalité et, pour certains, le savoir.
  • Nalkiris : Veiller, grâce à leurs forces physiques, avec les Daelwenas à assurer les principes d'Aeltisis en s'aidant des voix de leurs Ancêtres.
  • Kardars : Honorer par le travail, le labeur, la robustesse et la fierté au combat le Cilias Kardin, et montrer sa gloire par le biais de leurs oeuvres créatrices.
  • Mortanyss : Atteindre la perfection à travers l'inébranlable foi envers Kalos, et ce en rivalité, symbiose ou concurrence avec la vie. Le sommet est visé dans l'évolution.
  • Daelwenas : Le rôle choisi est de garder le cycle intact et parfait, pur comme à sa naissance quand les Cilias l'ont formé.
  • Nargoliths : Perpétuer l'existence nargolith selon les désirs de Narshoul à leur création afin qu'ils puissent, durant leur propre existence, faire connaître sa nature Cilias sur les landes de Teilia.
  • Kheijans : Honorer le Maître de l'Univers et l'Al'Sithah par la voie de la perfection, le Vorriasham, et qui est un exemple pour tous.