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Prologue
Elyon, simple paysan hastane, vivait paisiblement dans sa ferme avec sa femme et ses deux filles. Tout allait bien jusqu’au jour où, alors qu’il labourait les champs avec son bœuf et sa charrue, il vit au loin le ciel se teinter d'une lueur orangée et se voiler doucement d'épaisses volutes d'une fumée noire si caractéristique à la dévastation. Aussitôt, il lâcha les sangles de son pauvre boeur et s’en alla en direction de sa maison, pensant que sa grange emplie des dernières récoltes était en feu. C'est avec horreur qu'il découvrit alors qu'un mince incendie d'étable n'était rien comparativement à ce à quoi il assistait : devant lui s'étalait un brasier dévorant l'ensemble de sa propriété, incluant sa chaumière.
Ni une ni deux, il entra dans la demeure en flammes et y trouva sa femme, égorgée... Il visita les autres pièces, sans y trouver ses filles... Quand il sortit, la grange qui se trouvait non loin de là s’effondra sans qu’il ne puisse la visiter.
Il baissa la tête, aveuglé par ses larmes... Puis il remarqua les traces des fers de chevaux... Ce chaos était l’œuvre des Gorlaks...
Histoire
Les Gorlaks. Ceux qui ne connaissent pas ce nom ne sont pas de ce monde. Depuis longtemps, trop longtemps pour plusieurs, ils plongent Teilia dans une crainte perpétuelle, laissant sur leur passage de si terribles remembrances que les gens ayant eu affaire avec eux sont souvent pris de frissons à simple mention de ce nom. Ces créatures à la peau verte ont un corps construit pour les tâches les plus exigeantes et sont naturellement doués pour le combat en raison da la brutale éducation des enfants.
À l’origine, cette peuplade guerrière vivait en clans dans les forêts et les montagnes teiliennes. Terrorisant les villages isolés environnants par le pillage et de petites attaques éclairs, leur but premier était d'amasser rapidement et aisément des ressources tout en faisant couler le sang au nom de la gloire de leur sombre Cilias. Puis, vint le jour où un chef de clan du nom d’Arghat, plus fort et rusé que la plupart de ses semblables, unifia les factions gorlakes pour la première fois de toute l’Histoire. Unis sous une même bannière, ils s’engagèrent, au grand malheur des autres peuples, dans une terrible guerre contre les Hastanes. Démontrant leur courage, leur force, leur brutalité et leur stratégie -ce que personne n’eut soupçonné- ils frôlèrent de contrôler l'entièreté du monde teilien. Malheureusement pour eux, lors d'une bataille épique ayant aujourd'hui les mythes les plus extraordinaires, ils perdirent leur avantage guerrier et dûrent cesser les hostilités face à leurs nombreux ennemis mortels.
Hautement affaiblis en nombre par cette guerre infructueuse, ils demeurèrent sous le commandement d’un chef unique, Garthmalg, le descendant direct d'Arghat. Pendant plusieurs années, le peuple gorlak, longtemps retiré dans leur cité fortifiée de Luk'Maar, patientèrent et reprirent leurs forces. Leur but était simple : reconstruire leur puissance militaire afin d'apporter l'ultime vent de destruction sur Teilia. Or, alors que la horde commençait à avoir une armée capable de faire briller une nouvelle fois les couleurs gorlakes sur les landes teiliennes, le Roi Garthmalg -souffrant de crises de démences passagères- mourut dans des circonstances plutôt douteuses. S’en suivit une série d’évènements occultes, puis un nouveau Roi fut installé sur le trône : Fratricide.
Le successeur royal était grand, glabre, bellement charpenté et présentait des traits purs. Son regard, franc et rude, révélait un caractère qui pouvait dépeindre la pire des férocités s’il le fallait, mais également, en temps voulu, une parfaite maîtrise de soi. Hormis ces quelques considérations, peu d'informations étaient disponibles sur sa vie, sinon qu’il avait été élevé par Rek’Thar, l’Archi-Chaman de Luk'Maar, et que son nom, assez étrange, lui aurait été attribué quelques semaines après sa naissance lorsqu’il aurait étranglé ses quatre frères et sœurs alors du même âge que lui.
La citée de Luk'Maar fut rebâtie à l’image de son nouveau Roi, tournant ainsi officiellement une page dans l’ère gorlake : les conditions de vie s’améliorèrent, l’espérance de vie augmenta et l’économie se développa.
Après une longue période de conflits avec les peuples de la Quintuple Alliance (coalition formée des peuples hastane, kheijan, nébulix, daelwena et nalkiri) les Gorlaks menèrent avec succès un violent raid sur l’Hastanie, ne laissant dans leur sillage que des tas de viande pleurant leur propre sang. L'assaut fut prompt et bien organisé, profitant du peu de temps qu'ils restèrent en Citria pour piller, brutaliser et casser tout ce qui était cassable (et même ce qui ne l’était pas...).
Moeurs
La race gorlake vénère la capacité à combattre, à tuer, à dominer et, donc, à commander. Ainsi, les plus forts se retrouvent à la tête des contingents gorlaks et s’octroient parfois des noms particuliers auxquelles ils s’identifient. D'ailleurs, il n'est pas rare de voir dans plusieurs armées de Teilia des contingents exclusivement formées de Gorlaks, ces derniers entraînant une frayeur incontestable chez l'ennemi. Plusieurs cités vont même jusqu'à laisser ces troupes décider par elles-mêmes de leur hiérarchie interne, ne souhaitant pas interférer avec l'efficacité guerrière gorlake. Ceci dit, il arrive aussi que des esprits plus malins, stratégiques et maniganceurs parviennent au pouvoir.
Les Gorlaks présentent aussi de façon presque instinctuelle une avidité marquée pour le pouvoir et la domination. Cependant, cette soif égoïste est à distinguer de l'amour de l'influence des Nargoliths. Effectivement, au cours des dernières années, certains étrangers peu érudits sur le sujet ont accusé les Gorlaks et les Nargoliths de découler de la même souche narshoulienne et donc de constituer des êtres purement violents et barbares. Évidemment, cette conception ne pourrait être plus fausse. Si les Nargoliths forment une race raffinée mettant l'accent sur la domination intellectuelle et culturelle (le côté plus civilisé de Narshoul), les Gorlaks, quant à eux, recherchent avant tout l'écrasement pur et simple du faible. Pour ceux-ci, la véritable domination -et donc la véritable puissance- ne réside pas en une main de fer dans un gant de velour, mais plutôt dans le fracassement pur et simple de son subordonné. Souvent, les moyens les plus directs sont les plus efficaces. Par exemple, pourquoi emprisonner quelqu'un pendant deux semaines lorsque l'on peut tout simplement lui casser les deux jambes et le laisser agonisant devant la ville? La peur et la terreur sont des méthodes de contrôle beaucoup plus efficace que la manipulation. Cette conception simple (mais guère primitive) du pouvoir pousse donc la plupart des Gorlaks à se tenir près des divers dirigeants, sachant que leur propre gloire doit passer momentanément par l'ombre d'un autre héro.
Malgré tout, certains Gorlaks exceptionnels font preuve d'un caractère remarquable. Utilisant la parole et la stratégie manipulatrice, ces quelques individus particuliers deviennent la plupart du temps des shamans renommés. Ne cachant pas ses tactiques, le shaman appliquera son pouvoir par l'occultation mystique de ses capacités et par l'implantation d'une peur incroyable dans l'esprit de ses serviteurs. Pour lui, rien ne sert de manipuler les faibles afin de leur faire croire que l'on est pour eux un "bon maître". Mieux vaut encore les détruire psychologiquement, les faire entrer dans un monde de craintes et de terreur dont le shaman seul possède la clé. Encore une fois, la violence se manifeste dans une brutalité désarmante où le plus fort mentalement écrase littéralement son semblable.
Finalement, les femmes, quant à elles, sont souvent un butin assimilables à la plus simple des richesses. Ne servant qu’à enfanter, à préparer la nourriture, ou à assouvir de bas instincts, la femelle gorlake ne constitue bien souvent rien d'autre qu'un bien des plus communs. Toutefois, bien que la population mâle gorlake soit très machiste, il arrive que certains se prennent d’amour pour une femme. Dans ces cas rarissimes, les relations familiales deviennent troublées et boiteuses, les mâles se trouvant pris entre leur pulsion de domination tyrannique et leur amour inconditionnel pour leur épouse.
La loi du plus fort
Tuer ou être tué. Dominer ou être dominé. La loi de la jungle -reprise des jungles entourant la cité traditionnelle gorlake- constitue pour les Gorlaks la loi suprême à respecter. La ferveur, le savoir, la force et les autres qualités pouvant être appréciées chez un individu ne sont rien si elles ne permettent pas, ultimement, de faire de ce dernier un gagnant. L'essentiel n'est pas d'être le meilleur aux armes ou de connaître parfaitement l'environnement qui nous entoure, mais plutôt de savoir prouver efficacement à nos semblables que nous pouvons les écraser à tout moment. Que ce soit par un duel "honorable" où le plus fort massacrera son adversaire ou par un empoisonnement vicieux, l'important est que le plus fort (ou sens du plus puissant en tous les domaines), donc le plus méritant, soit le seul survivant du grand combat de la vie.
Ceci dit, cela ne signifie pas qu'il faut massacrer systématiquement les plus faibles. Les dirigeants gorlaks savent apprécier les avantages que leurs soumis peuvent leur apporter. Même s'il est fréquent que le sang coule suite à une insubordination, il demeure que la loi du plus fort apporte son lot de responsabilités. Le chef d'un contingent gorlak ou le Roi de Luk'Maar ne peut pas tout simplement tuer n'importe quel passant sous prétexte que celui-ci est un faible. Le plus fort conserve toujours la responsabilité de promouvoir la puissance et d'aider ses semblables à acquérir le caractère légendaire si souvent attribué aux Gorlaks. Même si ce chef sait que parmi ses sujets se trouve probablement son futur assassin, il appréhende avec impatience le jour où un jeune présomptueux lui offrira un défi intéressant. Pour un Gorlak, à défaut d'être le plus fort, rien n'est plus glorieux que de mourir aux mains de celui qui l'est.
Épilogue
Bêtes sanguinaires pour certains, enfants déchaînés de Narshoul le Sombre pour d'autres, les Gorlaks, même s'ils se sont "civilisés" avec les années conservent encore aujourd'hui un instinct sanguinaire faisant d'eux des êtres de guerre redoutables. S'ils sont des adeptes des grandes épopées belliqueuses, leurs principaux outils, aux côtés de la hache et de l'épée, résident dans l'utilisation de la peur et de la terreur. Ainsi, sans même mener de campagnes sanguinaires, leur simple réputation persiste à faire germer dans l'esprit des gens la pire des frayeurs.
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