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Lyan, Hastane

Inscrit le: 01 Fév 2007 Messages: 273 Localisation: Abitibi
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Posté le : Sam Mar 20, 2010 11:04 pm Sujet et description du message : - |
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Troquer sa niche pour une grotte
- Lyan, tu es hilarante. Tu sais quoi ? persiffla Isathis alors qu'elle emboîtait rapidement le pas vers moi. J'en voulais rien, je voulais juste m'en aller, je voulais plus le dire, j'avais du mal à garder les yeux secs. Mais elle m'a agrippée par le bras, elle m'a tourner solidement vers elle tellement que je pouvais juste serrer la mâchoire. J'étais pas furieux, j'étais pas en colère, je voulais juste pas lui faire de mal... je veux tellement pas lui faire de mal...
- Je t'aime Lyan... mais je ne veux pas que ma fille devienne une délinquante sans foi ni loi. Amuse toi, mais prend ceci pour réfléchir.
Et elle... m'a giflé. Giflé tellement fort que ça paraît encore sur ma joue, le rouge, imprégné. Ça a fait plus mal que toutes mes tortures cumulés, plus mal que toutes les souffrances de Maelan, plus mal que toutes mes années. Ça a fait plus mal encore que quand on m'a rejeté, plus mal que jamais...
Et ses yeux... ses yeux... encore des yeux ! J'ai eu des yeux crevés par ma main, des yeux effrayés par mon poing, et maintenant, des yeux si dure, si sévère encore par ma faute ? J'en peux plus... Et j'ai mal, j'ai encore mal, j'aurai toujours mal...
- Je n'en peux plus... je ne supporterai pas tes conneries plus longtemps... tu fais n'importe quoi.
Et moi d'être tellement brisé, et moi d'être tellement perdu. Et moi de ne plus pouvoir ravaler mes larmes, mes larmes si honteuses. Sa main est toujours contre moi, contre mon bras, mon bras est rouge, un peu, comme ma joue, moins qu'elle. J'imagine un moment qu'elle le caresse, ce qu'elle fait pas. J'imagine un moment qu'elle va me prendre dans ses bras, ce qu'elle fait pas. J'imagine un moment que c'est doux, ce que ce n'est pas. J'imagine un moment que nous sommes encore liées, par cette main, qui s'en va.
- Dehors, maintenant.
- J't'ais... j'essai d'articuler, ça marche mal. J'ai mal, j'ai encore mal... Venu.. dire que je ne serais plus votre fille... je voulais que... ce soit pacifique...
Je la regarde encore un peu, j'espère encore un peu. Elle se détourne, elle s'en va. Ma lumière s'éteint. Est-ce que je suis assez digne pour en avoir une, lumière ? Non, c'est pas ça. La vrai question, c'est est-ce que j'en veux vraiment une ? Dieso a dit qu'il avait des gens fait pour obéir, d'autre pour diriger. Que quand c'est sain, ça va. Mais une lumière ? Je sais pas, Thomas dit que je repousse les gens qui m'aiment, je pense que c'est vrai. Mais ça fait tellement mal...
- Allez sors.. commande le Garath, d'une voix qui m'aurait bien irrité, mais qui se noie bien vite. Je suis épuisé, trop épuisé pour commencer à être en colère.
Et j'ai peur, de me noyer. Et j'ai peur, de tomber. Mais plus encore, j'ai peur de les amener dans ma tombe avec moi. Thomas, c'est pas égoïste, c'est pas que je veux pas que vous m'aidiez, c'est que je veux pas être un poids, j'en suis un d'abord. Je peux pas empêcher des oiseaux de voler, je peux juste être le poids à une roche. Faut pas m'en vouloir, je veux pas que vous m'en vouliez, je veux pas... je voulais... je voulais...
- Que ce soit pacifique ! Je voulais pas qu'on s'arrête dans ces termes ! Plume !
Tremblant, je peux pas faire autre chose que de me blottir contre le chat mouillé, le museau contre ses étoffes, à me morfondre, comme il dit. J'ai pas le droit, d'abord, de me morfondre, Plume ? 'Me reste plus que vous. Toi et les Cents, vous que personne ne comprends jamais, comme moi. Me reste plus qu'un tas de vagabonds avec des plans fouarreux qu'au final, ils ne font jamais rien de mauvais. Il me reste plus... plus...
Plus de lumière... _________________ Lyan - Orphelin des Cents-Pointes, Chien errant. |
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Lyan, Hastane

Inscrit le: 01 Fév 2007 Messages: 273 Localisation: Abitibi
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Posté le : Mer Avr 21, 2010 10:28 am Sujet et description du message : - |
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Ma queue bat au rythme de son cœur : sans un geste.
Non... non... ça se peux pas, c'est impossible. Je fais un mauvais rêve. N'est-ce pas que je fais un mauvais rêve ? Je me réveillerai à Citria, et il aura Gilbert, il y aura Kyela, Viviane, Edward et tous les autres qui me diront : "Oh sacré mauvais rêve, Lyan". Oui, c'est obligé.
Parce que Kyela se battra pour moi, parce que Gilbert dira, et avec raison, que je ne suis pas comme ça, et il crachera encore aux pieds de Godefroi. Oui, c'est obligé.
Je sais que je suis pas innocent, mais la bêtise des hauts-gradés commence réellement a être dur sur le moral. Je... j'ai strictement rien fait de mal... contre nos lois contre... quoi qu'ce soit... alors pourquoi, diable, tu te la fermes pas, Godefroi !?
- Lyan, Lyan... me murmure une voix lointaine. J'entrouvre les yeux, je lève le museau.
Il est là, ses bras autour de moi, me tenant contre son torse, son visage d'ivoire percé par l'inquiétude, par l'empathie. Il me regarde, mon maître me regarde, mais sans haine ou sans cruauté, juste comme ça. Il me serre encore un peu plus dans ses bras et moi, je me blottis encore un peu plus. Sans lui, j'ai peur que mes jambes me lâchent.
Aujourd'hui, j'ai regardé Citria pour la dernière fois, que je crois. On m'a enlevé Citria pour avoir accompagné mon maître au cimetière Hastane. Parce que quand l'armée est arrivé, il était couvert de son propre sang, Ils ont dit que c'était une messe noire. Vous avez tout faux, tellement tout faux...
Il vaut mieux que Citria...
- Reste... avec moi pour... dormir.
- Bien sûr, Lyan, comme toujours.
Il me déplace lentement sur le lit, je ne dis mot. De toute façon, je ne vois rien. J'ai les yeux trop embrouillés, j'ai le cœur qui me serre trop. Je me laisse manipulé comme une poupée avec des yeux vides, mais les miens... les miens sont tristes. Il replace les draps sur moi, je les sens à peine. Il m'enlace, je me replis contre ce corps qui ne dégage aucune chaleur, mais qui est... si...
...réconfortant
Dois-je vraiment dire adieu à Citria ? Faites que ce soit un mauvais rêve. _________________ Lyan - Orphelin des Cents-Pointes, Chien errant. |
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Lyan, Hastane

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Posté le : Mer Juin 16, 2010 2:00 am Sujet et description du message : - |
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- Tu as besoin d'or pour ton groupe Lyan, je sais que tu veille sur eux comme sur la prunelle de tes yeux. susurra un homme pas tant plus vieux que lui, alors qu'il était assis à ses côtés. Tu veux les former, leur donner le choix que tu n'as jamais eux. Mais ca prend de l'or et cela en donnerait, nisi?
- Je suis pas un criminel.
- Tu es prête a te sacrifier pour le bien des gens que tu protèges...
- Mais j'suis pas un criminel... répéta l'enfant avec insistance.
- En tant que ''tuteur'' des orphelins tu sais que tu vas devoir trouver bien de l'or, pour leur donner une meilleur vie. Sinisi, il y aura d'autres Lyan, et tu le sais.
- Ferme là, ferme là... tu sais rien du tout..
L'enfant se releva, la mâchoire serrée alors qu'il quitta d'un pas raide la chambre de son «collègue». Le saluant brièvement de la main avec une raison inventé, il franchit le pas de la porte avant de s'appuyer contre celle-ci, tourmenté. Les yeux de l'enfant étaient troublés, et ses épaules se secouaient discrètement. «Je déteste ces jeux de chats...» songea Lyan avec amertume, passant une main à ses yeux pour les essuyer rapidement. Ces jeux de chats, oui... quand les gens usent d'hypocrisie et de fausse sympathie. Ces jeux ou tu dois rester fort avec la tête haute pour ne pas être pris pour cible. Ces jeux ou tu dois cacher qui tu es, ou tu dois ravalé tes larmes et faire milles et une bassesse pour arriver à tes fins. Ces jeux-là, il les détestait.
Les couloirs étaient vide, il supposa que les Caïds étaient déjà rentrés. Le cœur serré à cette seule idée, il dévisagea une porte de chambre pendant un moment, hésitant. Non, rentrer aurait été égoïste. Rentrer pour de la compagnie, c'était stupide. Et qui sait s'il ne ferait pas comme le précédent, en profiter pour lui suggérer milles et un projet désagréable..
Il s'écarta alors, le regard toujours aussi tourmenté, descendant les marches de l'édifice. Descendant les marches du port, montant celles de la ville, celles de la croisée, puis celle du balcon d'Edward d'Orion. Il s'appuya contre le mur du manoir Ambrosius, puis s'assoya au sol. Le regard dans le vide, il patienta. Son esprit était loin, égaré, il avait un air blasé et déprimé sur le minois, dans ses yeux. Les paroles de l'homme lui revenait toujours en tête, mais il s'y refusait. D'Orion se tenait là, devant. Combien de temps s'était écoulé ? Va savoir. Mais il était là, enfin. Un sourire grimpa aux lèvres de l'enfant qui, ravi, l'observait désormais avec un air soulagé.
- Lyan... ? Mais que fiches-tu donc ici ?
Un air qui, par contre, parti très rapidement. Son sourire se décomposa contre ses lèvres sur les paroles de l'homme, soudainement incertain et hésitant.
- T'as... dit que je pouvais venir... ajouta l'enfant à mi-voix d'un ton qui se voulait assuré.
La discussion se fit pendant un moment. L'assurance de l'enfant partait au fil des mots de l'adulte, ses yeux s'abaissant toujours un peu plus. Le réconfort qu'il était venu chercher partait peu à peu, et il ne pouvait pas l'attraper. On le repoussait, on lui refusait. Il parlait, il était doux, mais ses mots étaient remplis de cauchemars. Oui, à chaque fois qu'il allait trouver refuge quelque part, ça marchait jamais. Pas à Citria, jamais. À chaque fois, il perdait quelqu'un plutôt que de gagner. Il avait été idiot.
- C'est un ou l'autre. La lumière et ma personne ou les Cents-Pointes... conclut Edward après un moment, avec une expression que Lyan n'arriva pas à déchiffré.
La seule chose qu'il savait, c'est que son monde s'écroulait encore une fois. Il argumenta, mais ce fut vain. Rien ne servait de tenter de défendre son point de vu, il demeurait imperturbable. Il était venu chercher le réconfort, mais il partait. C'est sur cette pensée que l'enfant se releva du mur, emboîtant un pas traînant jusqu'à la porte des terres Ambrosius. Il fut néanmoins arrêté lorsque d'Orion lui agrippa le bras.
- Il faut choisir.
- Je veux pas. Si vous étiez ma famille, vous et Citria, vous me demanderiez pas de choisir. C'est idiot. Les Fanels ont fait pareil, et voilà le résultat. J'en ai marre, j'ai été stupide. Je reviendrai plus vous embêter, promis. De toute façon, je vous cause des problèmes. De toute façon... vous partez, comme les autres...
- Tu ne me perd pas pour toujours. Tu connais la manière de me récupérer. Mais d'ici la, je ne pourrai rien pour toi... lui rappela l'adulte en posant sa main contre son épaule. Mais si tu franchis cette porte, c'est que tu refuse la lumière que je t'offre.
L'enfant demeura toutefois silencieux, déglutissant. Il se dégagea du bras sans un mot, ouvrant la porte des terres du pied, sans enjouement. Son regard était désormais brouillé et sa voix chevrotante. Il ajouta toutefois, la voix lasse : «Aurevoir, Monsieur d'Orion». Et il franchit la porte. Ses épaules se secouaient néanmoins, ses sanglots étouffés dans sa gorge pendant qu'il s'éloignait du manoir, le pas chancelant.
Et maintenant, enfouis dans ses fourrures poussiéreuse de son vieux refuge, le gamin pleurait encore une fois la douleur de s'être fait repoussé par une lumière qu'il était venu chercher. Pourquoi diable devait-on toujours le forcer à faire un choix pour l'assombrir ? Pensaient-ils réellement que quand il venait les voir pour de l'aide, c'était le moment de le tourmenté ? Encore une fois, on l'avait lâché. Encore une fois, on l'avait... jeté.
À sa nuque, la blessure que couvrait ses bandages se rouvrit, mais il ne s'en soucia pas. Le sang teignait le tissus blanc, s'égouttant contre son lit. Mais de toute façon, il pleurait déjà. _________________ Lyan - Orphelin des Cents-Pointes, Chien errant. |
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Lyan, Hastane

Inscrit le: 01 Fév 2007 Messages: 273 Localisation: Abitibi
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Posté le : Mer Juin 16, 2010 2:09 am Sujet et description du message : - |
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La nuit est difficile,
Elle finit dans un mélange de perplexité.
Tu as le droit d'avoir peur de te perdre,
Nous abandonnerons nos adieux.
Mon futur se met en marche progressivement,
Cherchant à nouveau des rêves
Mais il doit déjà nier une part de sa définition :
Être incapable de te pardonner.
Cette nuit on doit écouter prudemment,
Imitant ce raisonnement, je peux changer.
Pour que je sois capable de respirer à ton rythme
Je m'en fiche si tu découpes le futur.
Je m'en fiche si tu découpes le futur.
- C'est... Lyan, c'est toi qui a écrit ça ? s'enquit le vampire en plissant le regard quelque peu, caressant la page de son index.
- Mh ? Nn nn, je l'ai trouvé, ça traînait... C'est troublant, tu trouves pas..?
- C'est en soit la ressemblance qui me trouble... C'est très beau, vraiment..
Puis, sous le sourire du vampire, l'enfant étira un air amusé, reprenant le carnet en hochant de la tête à quelques reprises. Oui c'est vrai, ce texte était véridique. Le gamin était toujours sujet à des cauchemars et malgré tout, malgré qu'il ne puisse pas dormir, Rax restait à ses côtés toutes les nuits. Il l'observait simplement et était toujours prêt à l'accueillir lorsqu'il se réveillait en sursaut. Même s'il l'avait piégé, il le pardonnait et il était prêt à le suivre n'importe ou, même si le futur venait qu'à partir en lambeaux..
***
- J'ai froid...
Emmitouflée dans sa cape de poil trempé, trop lourde sur ses épaules, l'enfant avait fini par canter mollement. Ainsi, il était couché sur un sol de neige épaisse, les vêtements collant à sa peau, le froid parvenant à ses chairs sans la moindre protection. Mais il restait là, simplement. Il croyait à juste titre que ses membres ne voudraient pas bouger même s'il le souhaitait. Il croyait aussi que son cœur ne voudrait pas se mettre à l'ouvrage, parce qu'il était trop lourd, qu'il le clouait au sol. Aussi, il ne bougeait pas. C'était là une petite silhouette étendue dans la neige, les genoux repliés contre son torse.
Quelque part, il pensait que l'histoire ne faisait que se répéter, à l'envers. Xath' aussi l'avait laissé comme ça dans la neige, étendu comme il était, forcé à y rester couché jusqu'à ce qu'il tombe inconscient. Mais au réveil, le fantôme était à ses côtés, l'accueillant à nouveau dans la réalité. Maintenant, c'était identique. Sauf qu'il ne savait pas si, à son réveil, Rax y serait. La tête bourdonnante, les yeux embrouillés, aucune pensée ne s'enlignait très bien entre elles. Le discours de Rax'Zeï était encore plus incompréhensible maintenant que lorsqu'il l'avait prononcer, plus rien n'allait.
«J'ai peur...» «J'ai soif...» «J'ai froid...»
« Où tu es ? Pourquoi tu es partis ? Tu m'avais promis d'être là pour me coucher, quand j'allais mourir. Tu m'aurais couchée dans mon lit et tu aurais venu dormir toutes les nuits avec moi. Tu l'avais promis. Ou tu es ? Tu devais être à côté de moi pendant ça, tu devais pas me lâcher, même si je te détestais. Tu devais supporter mes coups et mes crises, jusqu'au jour ou ça serait terminé. Où tu es ? Est-ce que tu penses que ça ira mieux si tu pars ? Tu comprends rien.»
« Je suis engourdi, pourquoi personne ne vient ? J'ai froid, aussi, et j'ai mal, aussi. Ou vous êtes ? Pourquoi on m'a encore abandonné comme un chien ? J'ai été banni de Citria pour toi, et tu quittes.. je suis engourdis. Je vois plus rien, où est mon guide ? Tu es mon guide, tu es la main qui me guide, c'est à cause de toi que j'ai choisi l'ombre, parce que tu me guidais. Ou tu es ? Il fait noir, Rax, je vois pas ta main, pourquoi tu es parti devant ? La lumière ou le guide, tu m'as fais choisir. J'ai choisi, la lumière elle est loin maintenant, parce que j'ai choisi, elle me boude. Parce qu'elle me boude, elle viendra jamais jusqu'ici, il fait trop noir. Toi, tu es ou ? Même si je vois rien, c'est toi que je suivais, parce que le noir, c'est ton domaine... ou tu es ? Il fait froid, il fait noir, ici..»
- Lyan ? Lyan... ? Lyan ?! s'écria Naella, sur le chemin du retour, en remarquant le gamin blotti dans la neige.
Toutefois, celui-ci resta silencieux. Le regard dans le vide, les yeux embrouillés et rougis, il semblait quelque peu distant, détaché. Et il le resta toute la soirée. Naella lui parlait et il répondait, mais trop vaguement. Il acceptait les tasses de thé, répondait au question de Pomme, qui prenait son rôle de médecin très à coeur, mais ne sentais aucune étreinte autour de lui. Le bras de Naella lui semblait si léger qu'il n'en avait aucun poids sur les épaules. Le temps était long, et le thé était fade. La plus part du temps, il était silencieux et lunatique, aussi bien qu'on eu fini par lui proposer des somnifères.
- Prends ça Lyan, lui proposa alors l'orphelin-médecin, mais fait attention et ne mêle pas le rêve avec la réalité.
«De quoi il parle... ? 'M'en fiche... j'en peux plus...» Le gamin, malgré les recommandations de Pomme, avala l'ensemble des somnifères. Sitôt transporté dans le lit, aux côtés de Naella, le sommeil gagna sur son corps épuisé.
***
Il ouvre lentement les yeux, observant autour de lui. À ses côtés, Rax'Zeï est étendu comme à son habitude, un livre à la main pour passer le temps. Toutefois, dès que l'enfant ouvre les yeux, le livre se ferme et son regard se pose vers lui.
- Bon matin, Lyan.
Un sourire ensommeillé se porte sur les lèvres de l'enfant, répondant d'une politesse similaire alors qu'il vient enfouir son minois à proximité de son épaule. Mm, il ne respire toujours pas, son coeur ne bat toujours pas, il est toujours aussi froid, sans chaleur. Il dit que c'est comme une statue, et elle le croit. Mais même si c'est une statue, qu'il n'a pas d'odeur ou quoi que ce soit, être là comme ça lui suffit. Il sent son bras passer doucement autour de lui, comme d'habitude, le ramenant encore un peu plus blotti, puis y laissant son bras. Il sent encore le poids de son bras autour de lui, la proximité de son cou près de son museau, et il s'enivre.
- J'ai soif... avoua l'enfant qui, tenté par la proximité, humait déjà son cou inodore.
Le vampire se contenta d'un sourire, acquiesçant légèrement en levant l'un de ses doigts griffus à son propre cou. D'une griffure, il blessa son cou pour en laissé échapper un fin filet de sang. Après quoi il redressa légèrement le gamin par son étreinte, le replaçant convenablement. Il lui chuchota quelque chose à l'oreille, mais aucun souffle ne vint le dérangé ; évidemment. L'enfant, lui, avait les yeux braqués sur le sang, qu'il vint lapé du bout de la langue, avant d'y poser ses lèvres, gourmand. C'était comme ça depuis tellement de mois, ce rituel, mais ses joues n'arrivaient toujours pas à trahir son embarras. Mais cette fois-ci, il lui semblait que tout le malaise qu'il ressentait n'était plus, puisque son bras l'entourait et que l'odeur de son sang se diffusait dans l'ensemble de la pièce.
- Rax... tu partiras jamais, han ? Tu vas rester là, comme tu m'as promis ? murmura l'enfant en répétant comme d'habitude cette formule incessante, un brin possessive, peut-être.
- T'en fais pas Lyan, je resterai toujours aux cotés de ma petite chérie. Un sourire se posa sur ses lèvres de la gamine à la réponse, alors qu'elle lécha ses lèvres rougies par le sang carmin. Tu sais... Quand tu mourras, je te coucherais dans ton lit.. et je t'y laisserais, comme si tu sommeillais pour toujours... Et puis... Je prierai Kalos pour qu'il te ramène chaque jour chaque nuit... jusqu'au jour...où il décidera de te ramener.. et s'il ne le fait pas.. Je maudirai son nom pour l'éternité.
- C'est vrai... chuchota l'enfant avec un sourire, nichant son museau contre son torse. Et tu dormiras tous les soirs à côté de moi, pour que je ne fasses pas de cauchemars.
L'adulte acquiesça lentement, resserrant son étreinte autour de l'enfant. Il ne le quitterais pas, il le savait. Ses bras tellement froids l'entouraient et le gardait en sécurité, protégé. L'odeur du sang planait toujours dans la pièce, et il s'en était habitué. Ce n'était pas malsain, c'était leur lien. Et il savait que sans lui, les choses seraient différentes, tellement différentes... Il était le centre de sa vie, sa principale inquiétude, son seul maître, la source de sa loyauté, de sa fidélité. Il était là, irremplaçable et immortel.
- Tu sais, Lyan. Tu es bien la seule vivante que j'aime. se contente t'il de dire en fermant ses yeux.
- Tu te trompes, c'est "apprécier", le mot, on en a déjà parlé. s'obstina t'elle alors, les traits un peu froncés d'incertitudes.
- Non je ne crois pas... Je crois avoir un bon vocabulaire et faire choix des bons mots. Allez, tu as oublié que tu devais aller chez Naella, aujourd'hui. Mais je t'attendrai ici, demain matin. Promis.
Je t'attendrai ici, promis... promis... Ici.
***
Ses yeux s'ouvrent avec douceur, encore ensommeillé. Un sourire se glisse sur ses lèvres sèches, pivotant en observant alors Naella toujours assoupie à ses côtés. Ses membres sont lourds, elle ne sait pas trop pourquoi. Elle se relève, s'étire discrètement puis jète un œil enjoué vers Naella. C'est vrai, se dit-elle, j'ai dormi ici ce soir. Elle ne s'en soucie pas davantage, les traits tirés mais le teint revigoré par rapport à la veille, qui semble si loin de ses soucis, présentement.
- Désolé, Naella. Je pars avant que tu te lèves, Rax m'attends, qu'il a dit. Chuchote l'enfant à l'adulte en se penchant vers sa joue, y déposant un baiser furtif. Il ne remarque pas les cernes sous les joues de Naella, qui l'a veillé pendant les deux zéniths sous somnifère.
Il sort de la tour du bout des pieds, puis prend une bonne bouffée de l'air hivernale. D'un soupire satisfait, il tourne le pas et entame le chemin vers sa Tour à lui et à Lui. Oui, il l'y attend, comme tout le temps. Il disait être un homme à la maison, ça l'amusait tout le temps. Et puis, il a promis.
Il l'a promis.
Arrivé au pas de chez lui, l'odeur du sang ne manque pas de prendre d'assaut son museau. Des gouttes de sang et d'autres flaques plus conséquentes sont sur le pas de la porte, séchés et faiblement enneigées. L'enfant demeure perplexe, puis se contente de croire qu'il lui a fait de nouveaux bonbons. Il entre. Le sang continu, c'est une trace, c'est un chemin qui s'ouvre jusqu'à l'échelle, jusqu'à la chambre. Il se contente de croire qu'il a vraiment fait beaucoup de dégâts, jusqu'au foyer. Il monte. Le sang se propageait jusqu'au lit, ou était étendu le Vampire, en de si beaux habits dans ce lit si blanc. «Il est là...» L'enfant s'approche, évitant de s'étourdir par l'odeur de sang de plus en plus tenace à mesure qu'il s'approche du mortan. Sa bonne humeur s'effiloche avec les pas, son sourire devient de moins en moins assuré. Il ne faisait pas des biscuits. Il... dort ? Non, il ne dort jamais. Il s'approche encore un peu, l'esprit embrouillé par autant de sang dans la petite tour aux fenêtres barricadées, le cœur battant par l'appréhension.
Et la réalité le frappe brusquement.
«Où je vais il n'y a que paix...» « Chaque histoire n'est pas heureuse... chaque histoire n'est pas non plus triste... mais chacune finie par voir arriver leur fin un jour ou l'autre » « Il est venu temps pour moi de marcher le fleuve des morts.. en quête de vérité...» « J'ai longtemps marché Lyan.. vu nombre de jour se lever.. d'autre s'éteindre... j'ai regard la fenêtre ceux ci passer et .. je me suis dis... Pourquoi les faire durer si longtemps et ce indéfiniment ? » « Oui Lyan je partirai, mais je serai toujours ici »
Ces paroles brisent l'illusion du rêve trop réel. Pomme l'avait mis en garde. Un flot de souvenirs si brusque... L'enfant sent ses jambes se dérobées sous lui, ses muscles l'abandonné et ses yeux se couvrir de larmes. Il ne sent même pas les sanglots le secouer de part en part, il n'entend même pas les gémissements et les cris qui s'échappent de ses lèvres, il est sourd et muet. Tombé agenouillé à côté du cadavre, il tend la main avec un dernier espoir, agrippant celle du cadavre étendu sur le lit. Si froide... si rude...
- Rax... Rax... !
« Il te seras rendu.. se qui t'es du Lyan... Lyan... N'oublie jamais que je t'aime.
- J'ai déjà dit... que tu te.. trompais de mot..
- Non je ne me suis jamais trompé.. jamais... »
- Nnhhh !
En sanglots, l'enfant se tire jusqu'à l'intérieur du lit, enfouissant son minois à l'intérieur du cou du cadavre, tremblant et gémissant ses larmes et sa rage. Il se blottissait contre ce corps au coeur manquant, aussi froid qu'à son habitude, mais horriblement plus douloureux. « Tu avais pas le droit... fi...fichtre... Tu... tu étais supposé tu... tu... Je fais quoi, maintenant !? Raaaax ! Ça fait mal ! »
Un cri d'agonie ne fait pas de bruit,
Appelant tout ce que j'ai pu connaître
Je suis ici, aux objets trouvés,
Appelant tout le monde.
Les violons entament leurs complaintes
Ils chantent en ton nom, puisque tu ne le peux plus
Leurs son prennent mes larmes,
et les jètent dans l'océan.
Nous vivons un rêve qui se meurt.
Si tu peux comprendre,
Tout ce que j'ai pu connaître
C'est tout ce que j'ai connu
Je demanderai à ton Dieu, quit à prier
Je l'appellerai de nulle part,
Et je lui dirai : Si vous ne le ramener pas,
Veuillez brûler jusqu'à votre dernière cendre. _________________ Lyan - Orphelin des Cents-Pointes, Chien errant. |
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Lyan, Hastane

Inscrit le: 01 Fév 2007 Messages: 273 Localisation: Abitibi
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Posté le : Jeu Juin 17, 2010 2:33 pm Sujet et description du message : - |
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Première Nuit
Elle n'a plus assez de force pour pleurer. Son regard est juste absent, vide, rivé dans le cou froid du cadavre. Les cernes couvrent ses yeux alors que son corps, épuisé de sangloté, est affaissé dans le lit tout simplement. Cette odeur de sang et d'entrailles lui pique au nez depuis des heures, parce qu'elle en est trop près. Elle sait ce que c'est, toutefois, sans même regarder, elle sait que ça provient de son coeur arraché. Elle ne regarde pas, comme si elle le pouvait. Non, elle se contentait de rester lové contre lui, immobile. Elle sentait son ventre s'ébrouer, se débattre pour avoir quelque chose à manger, mais elle ne bougeait pas.
Ses traits étaient tirés, blêmit, mais elle ne bougeait pas.
Comme elle venait de plus ou moins s'éveiller d'un sommeil sans cesse interrompu, causé par rien d'autre que l'épuisement des larmes, elle vint murmuré au creux de son cou :
- Bon matin, Rax.
«Bon matin, ma chérie», lui répondit le souvenir.
Une larme glissa doucement le long de sa joue alors qu'elle leva un bras pour prendre l'un des siens, le déplaçant jusqu'à ce que la main griffue du vampire soit posé contre ses cheveux roux en bataille. Après quoi elle replaça son bras comme avant, serrant la mâchoire. Faiblement et en tremblant, elle inclinait et relevait la tête quelque peu sans cesse. Ainsi, la main posé à ses cheveux, bien qu'elle ne bougeait pas, variait son poids sur son crâne.
- P... pourquoi tu restes couché...? On... pourrait aller dehors... continua à mi-voix l'enfant, la voix chancelante.
«Parce que c'est, après tout, le seul moment où on est si proche, Lyan»
L'enfant resta silencieux, sanglotant faiblement à nouveau en opinant de la tête sans plus. Il resserra son étreinte autour du cadavre, puis étouffa ses sanglots dans le foulard qu'il portait... _________________ Lyan - Orphelin des Cents-Pointes, Chien errant. |
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Lyan, Hastane

Inscrit le: 01 Fév 2007 Messages: 273 Localisation: Abitibi
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Posté le : Ven Juil 16, 2010 1:25 am Sujet et description du message : - |
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Chien à deux pattes
Les gens partent et oubli, je crois qu'ils passent comme ça. C'est étrange, Rax. J'ai pas envie qu'ils partent. Je me souviens plus qui au juste, peut-être Isathis, mais on m'a dit un jour que je repoussais moi-même les gens autour de moi. J'ai rigoler, ce jour-là, mais quelques semaines après j'ai remarquer qu'elle avait peut-être pas tord. Ça avait fait mal, ça. Se rendre compte de choses sur nous-même ça fait mal, vraiment. Mais enfin, ça, c'était avec Xath, je m'en souviens. Et avec du recul, je me rend compte que je les repoussais pour les protéger. Ça peut paraître idiot, Rax, mais Xath me menaçait toujours de tuer ceux à qui je tenais en guise de punition, et je savais qu'il le ferait pour de vrai. Alors j'essayais d'avoir personne proche de moi, ou de jour au yo-yo.
Ça à durer longtemps, j'étais doué pour ça, je crois. Puis Xath est parti, et j'avais plus à le faire, parce que j'avais plus d'ennuis. J'en ai jamais eu après, des ennuis, rien de majeur comme l'esclavage en tout cas. Alors, est-ce que je peux les repousser encore aujourd'hui ?
Tu m'avais dit qu'on pouvait faire confiance à Naella, qu'elle serait toujours là. Et elle l'était quand tu étais avec moi. Peut-être qu'elle t'appréciait plus. Mais je pense que si tu la voyais maintenant, tu ne dirais plus ça. Je sais pas pourquoi, je crois qu'elle a changé un peu. Ça doit être la faute de Garkoz qui veut faire d'elle une espèce d'assassin sans coeur. En tous cas, elle est plus la même, je pense. Elle l'était au début, puis elle l'était plus après. Je pensais l'avoir perdu un moment, puis là je l'ai perdu pour vrai. Je ne pense pas faire exprès cette fois-ci, Rax. Je fais rien pour, je trouve. En fait, je pense que j'aurais peut-être jamais du faire confiance aux chats comme ça, c'était hors nature.
Parce que je veux pas être un criminel, parce que je veux pas voler encore, tuer encore, espionner encore, je pense que je perds ma place ici. On me remplace par quelqu'un à qui ça dérange pas. C'est ça, être prometteur, aux Cents ? Ça doit être ça, être Hastane, avoir autant de soucis dans la tête à chaque fois qu'on fait quelque chose d'un peu croche. Ça doit être ça, être Hastane, tenir à ce point à une lumière qui nous abandonne de toute façon, mais pas être capable à se résoudre de l'oublier. J'imagine que je suis devenu un Hastane, avec le temps, et plus un chien. Ça fait étrange.
Je pense que je me suis trompé de chemin, sans ta main. C'est quand que tu vas ouvrir les yeux, te lever de mon lit et me prendre dans tes bras pour m'amener avec toi ? Je commence à avoir peur, tout seul, presque vraiment tout seul. _________________ Lyan - Orphelin des Cents-Pointes, Chien errant. |
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Lyan, Hastane

Inscrit le: 01 Fév 2007 Messages: 273 Localisation: Abitibi
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Posté le : Ven Juil 16, 2010 1:26 am Sujet et description du message : - |
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Ce n'est pas en tenant sa laisse dans sa gueule qu'on sait où aller.
Il ouvre la porte lentement, accueillant avec une malsaine habitude l'odeur d'humidité, de sang et d'enfermement qui règne dans tous les tombeaux. Il retire ses bottes lentement, les poussant contre le coin du mur. Il retire son chapeau, puis son manteau, et les jettent tous deux sur le divan à la parure osseuse. Sa main s'égare dans ses cheveux alors qu'il s'approche de l'étagère de nourriture, choisissant au hasard un couteau et une pomme noircie à quelques endroits et très évidemment pourrie. L'endroit n'est pas propice à la conservation des aliments. Toutefois, il s'en fiche, mordant quand même dans la pomme trop molle avant d'avaler sa bouchée. Une pensée fugace le traverse, quelque chose qui ressemble à un croisement entre lui et Hance, chose qui arrive presque à lui arracher un sourire.
Coinçant sa pomme entre ses dents en la mordant pas complètement, il agrippe l'échelle de ses deux mains pour monter à l'étage. Une fois debout devant ses armoires, il retire la pomme de sa bouche, et ré-entreprend de la manger plus normalement. En même temps, il s'approche du lit.
- Bonsoir, Rax.
L'enfant s'assoit lentement aux côtés du cadavre étendu là. Il passe le revers de sa main sur le crane du vampire, puis ramène sa main vers lui. Dédaignant la pomme, il la jète négligemment dans le foyer à proximité, puis coince le couteau entre ses dents. Il entreprend alors, une fois ses deux mains dégagés, de retirer les bandages qui sont autour de ses avants-bras.
Il les déroule un à un, les laissant tomber aux côtés du lit. Une fois fait, l'enfant reprend le couteau dans une de ses mains, et passe le revers de celui-ci contre une des nombreuses cicatrices déjà présentes à son avant-bras.
- J'ai pensé que tu ouvrirais peut-être les yeux si tu sentais et goûtait encore le sang que tu aimais... ajouta l'enfant en guise de simple explication, ou excuse, alors qu'il tourna le couteau pour laissé un fin filet de sang s'échapper. Il étira le bras un peu, puis laissa tomber les gouttes contre les lèvres blanches et immobiles du Mortanyss. Bois, Rax.
- Tu sais... je suis vraiment perdu, sans toi. Je suis même aller à Sombrum, aujourd'hui. Je sais pas pourquoi, d'ailleurs, j'ai toujours détester cette ville-là et tu me l'as toujours déconseillé. Mais j'y suis aller, comme ça, sans raisons. Juste... par invitation... Mais tu sais, ça a servit à rien, parce qu'au final j'avais que les chiens pour me tenir compagnie. Tu sais, il m'avait dit qu'il m'apprendrait à lire, mon huitième professeur, mais j'ai du le suivre chez les dragons d'os pour avoir un minimum d'attention. En plus, ça a servit à rien. C'était juste dangereux. Sitôt revenu que tous les chats s'entassaient dans leur Église, et j'avais plus que les chiens, encore. C'est idiot, Rax. Si tu étais là j'aurais pas à m'en faire comme ça... je ferais pas toute ces bêtises qui me rendent la tête plein de brouillards. Tu... tu étais le maître idéal...
- Je peux plus fonctionner, sans toi. Tout le monde me le dit, il me faut quelqu'un. Mais quelqu'un c'était toi, sinon je serais pas comme ça. J'suis pas aveugle, tu sais, je sais que je suis désagréable, colérique, irritable et tout... Mais je... Tu sais, j'ai tenté de quitter les Cents-Pointes. J'voulais plus de responsabilité, juste faire comme ça, sans rien, jouer là et se moquer de tout le reste, la politique, les complots, les assassinats, les vols, les kidnapping, je dois tout m'en soucier, et je voulais plus. Éh bah figure toi que c'est à l'eau, personne veut même pas me remplacer.
Au fil de son monologue, l'enfant avait remis un bandage autour de sa blessure et s'était lové contre le cadavre, l'intérieur de la lèvre mordue.
- J'ai envie de revenir comme avant, comme avec toi. Mais je trouverai jamais personne comme ça encore, c'est impossible. En plus tu étais le pire profil que je pouvais imaginer, au début, je peux plus prendre de chance comme ça. Je peux pas prendre le premier cruel sur la rue et lui dire : Toi ! Soit comme Lui ! c'est juste du suicide et de l'attirage d'ennui. En plus... je... sais plus ou j'en suis.
Reviens...
Il se blottissait encore un peu plus contre le cadavre, fermant ses yeux humides pour une nuit, comme à l'habitude, peuplé de cauchemars. _________________ Lyan - Orphelin des Cents-Pointes, Chien errant. |
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Lyan, Hastane

Inscrit le: 01 Fév 2007 Messages: 273 Localisation: Abitibi
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Posté le : Mar Aoû 24, 2010 1:27 am Sujet et description du message : - |
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Lyan, Hastane

Inscrit le: 01 Fév 2007 Messages: 273 Localisation: Abitibi
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Posté le : Mar Aoû 24, 2010 1:28 am Sujet et description du message : - |
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Je n'arrive pas à penser clairement, ni à formuler une pensée cohérente. J'ai que des fragments.
Première nuit :
Mon cou est douloureux, et le collier qui l'enlace est trop rigide, il m'érafle la peau. Je ne sais pas à quoi il ressemble, et je m'en fiche. Il est trop serré, il m'étrangle. Je pourrais pas prononcer un mot convenable, j'ai du sang sur les dents et j'en crache. J'ai les deux bras engourdis, et la corde ronge mes poignets. J'ai la lèvre éclaté, le regard vide. J'ai plus envie de rien, pourquoi est-ce que ça fait si mal de disparaître ?
Obéir. Un chien...
Aidez-moi. Je ne veux pas retomber là-dedans. Qu'est-ce que je dois faire ?
Plume, viens me sauver, je t'en pris. Prends-moi dans tes bras et fait moi un sourire idiot, avec un commentaire stupide. Motives-moi, encourage-moi, garde-moi avec toi quand je fais des cauchemars, réconfortes-moi quand j'ai des soucis. Plume, grand-frère, viens, je t'en supplie. Je m'excuse, je m'excuse tellement pour ce que je t'ai fait, s'il-vous-plaît, viens et pardonne moi. Ne m'abandonne pas comme Rax l'a fait, en me laissant tout seul. Surtout pas ici, Plume, s'il-vous-plaît, ne me regarde pas comme ça, soit comme avant. Je le supporte plus.
Mais dit, Plume, tu viendras pas, han ? Pas plus que Rax'. Personne va venir. Qu'est-ce que je dois faire ? Que quelqu'un m'explique.
Que quelqu'un me sauve.
S'il-vous-plaît, je supporte pas d'être seul. Pas face à mes démons. S'il-vous-plaît, ou je vais crier. Et si je cris, je ne pourrai plus jamais le faire après...
Je veux pas obéir, j'vous en supplie. Pas une autre nuit, pas comme ça, je serai plus capable de tenir. S'il-vous-plaît...
Deuxième nuit :
Je ne respire plus. C'est trop douloureux. Je damne ces dresseurs qui utilisent avec autant de légèreté le collier étrangleur, s'ils savaient la douleur que ça provoque. Avoir une migraine qui nous martèle la tête, une douleur constante qui nous brûle la gorge et du sang à la commissure des lèvres n'a rien d'intéressant. C'est douloureux, vraiment. Je ne le supporte plus.
Même si mon dresseur est parti pour la nuit, mon cou demeure toujours autant bleu, toujours autant rouge, autant éraflé. Si bras sont détachés, ils sont trop engourdis pour que j'ose faire quoi que ce soit, en ce moment. Je suis effrayé. C'est pas tant le collier, puisque présentement je pourrais le crocheter sans mal, du moment où mes doigts seraient mieux. Non, j'ai pensé à fuir, mais je reste cloué sur le lit.
Pourquoi fuir ? Elle est là, tout près, et je sais qu'elle entend le moindre de mes gestes, où qu'elle soit.
J'ai peur. J'ai peur d'avoir encore mal, d'être encore étranglé, d'en mourir. J'ai peur de dormir, de revoir Plume, de revoir Rax, et de devoir confronter la réalité une fois réveillé. Pourquoi d'abord, Plume ?
Pourquoi est-ce que tu m'as écrit de vivre loin des Cents ? Pourquoi est-ce que tes dernières volontés étaient celle-ci et celle de vivre normalement ? Pourquoi est-ce que c'est devenu un fardeau ? Je suis loin d'eux, mais c'est pire ici. Peut-être... peut-être si j'arrête de me battre... Que si... je me laisse juste tomber, moi et ma fierté stupide, et ma volonté déplacée. Que je laisse tomber mes rêves et mon honneur et que...
... j'enlace ma nouvelle mère ? _________________ Lyan - Orphelin des Cents-Pointes, Chien errant.
Dernière édition par Lyan, Hastane le Mer Aoû 25, 2010 3:38 pm; édité 2 fois |
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Lyan, Hastane

Inscrit le: 01 Fév 2007 Messages: 273 Localisation: Abitibi
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Posté le : Mer Aoû 25, 2010 3:39 pm Sujet et description du message : - |
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... _________________ Lyan - Orphelin des Cents-Pointes, Chien errant. |
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